Deux anciens ministres santoméens accusés de corruption

Sao Tomé- Sao Tomé et Principe (PANA) -- Un rapport de l'Audit et de l'inspection financière (AIF) santoméenne révèle une série d'irrégularités commises par l'ancien ministres des Affaires étrangères Ovideo Pequeno et son prédécesseur Mateus Meira Rita dans la gestion du programme de coopération entre Sao Tomé et Principe et le Maroc.
L'audit, commandé par la Premier ministre Maria do Carmo Silveira, a été effectué suite à un article publié en décembre par l'hebdomadaire Equador, qui révélait que le montant a été débloqué le 10 octobre dernier et que M.
Pequeno avait donné des instructions pour qu'il soit transféré sur un compte de l'ambassade santoméenne au Gabon.
Selon l'hebdomadaire, les transactions ont été faites sans le consentement du gouvernement et de la Banque centrale de Sao Tomé et Principe, après les ordres verbaux du chef de la diplomatie santoméenne à l'ambassadeur de l'archipel au Gabon, Salvador dos Ramos.
"Le ministre avait déjà commencé à dépenser l'argent, ordonnant le transfert de quelques sommes vers des comptes bancaires en Europe pour effectuer des paiements résultant de l'acquisition de certains biens" qu'il prétendait être pour la présidence de la République, dénonçait le journal.
A cette époque, le chef de l'Etat, Fradique de Menezes, avait pris la défense du ministre en considérant au cours d'une conférence de presse, que le scandale n'était qu'une "fabrication politique" destinée à l'atteindre.
Malgré tout, la Premier ministre Maria do Carmo Silveira avait recommandé le limogeage d'Ovideo Pequeno pour "faute grave".
Le président avait hésité, mais quinze jours après, il avait fini par le démettre de ses fonctions.
Le prédécesseur du chef de la diplomatie santoméenne, Mateus Meira Rita, ex-directeur du cabinet du président de la République et actuel ambassadeur au Nigeria et en Guinée équatoriale, est aussi accusé par la direction de l'Inspection des finances de mauvaise gestion d'autres fonds également octroyés par le Maroc.
En tant que ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Communauté, Meira Rita avait négocié en 2003 avec le Maroc, sans l'aval du gouvernement, une aide de 150.
000 euros dont l'utilisation, qui n'a pas été transparente, a impliqué deux entreprises luso- santoméennes (CIEM et Lusitana).
Concernant précisément la CIEM, les inspecteurs ont constaté que du montant transféré vers le compte de l'entreprise, il y a eu un reliquat de 11.
089 euros, dont 10.
000 euros ont été remis, à sa demande, à Mateus Meira Rita et le reste versé sur le compte de l'entreprise depuis 2003.
Sur la base de nombreuses irrégularités dans la procédure d'adjudication des équipements commandés par les deux entreprises, les auditeurs croient avoir affaire à une surfacturation.
Le document relève que la procédure d'adjudication des commandes à la CIEM et à la Lusitana est "entachée d'irrégularités et d'infractions financières graves selon les dispositions juridiques en vigueur".

01 février 2006 21:37:00




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