Des victimes de l'apartheid engagent des poursuites

Johannesburg- Afrique du Sud (PANA) -- Quatre familles sud- africaines poursuivent des banques suisses "pour avoir violé l'embargo et les sanctions des Nations Unies" imposés contre le régime de l'apartheid maintenant démantelé dans leur pays, afin d'obtenir des réparations pour leurs souffrances.
Selon la Société sud-africaine de radiodiffusion, les familles ont déposé une plainte contre les banques suisses, lundi, aux Etats-Unis.
Parmi les plaignants figure Nyameka Goniwe, veuve de Mathew Goniwe qui a été assassiné avec trois autres personnes par les forces de police près de Cradock en 1985.
La famille Pietersen, dont le fils de 12 ans, Hector, est devenu un symbole de la liberté après avoir été tué par balles par la police en 1976 lors des manifestations d'élèves de Soweto qui protestaient contre l'usage de l'Afrikaan comme langue d'enseignement dans les écoles, a également déposé une plainte.
Un monument mémorial avec une image d'Hector emportée après avoir été tué par la police, a été érigé à Soweto, une zone résidentielle en pleine expansion près de Johannesburg, la capitale économique de l'Afrique du Sud.
Les banques en cause ont publié une déclaration indiquant que les réclamations étaient sans fondement.
Un avocat, agissant au nom des familles, a dit que les banques suisses rejetaient les accusations malgré le fait qu'il était en possession de documents prouvant qu'elles avaient violé les sanctions imposées par les Nations- Unies, afin de sauver le régime de l'apartheid.
"Ce faisant, elles ont prolongé l'apartheid" a dit la radio de la SADC, citant l'avocat.
Les "Economistes Alliés pour la Réduction des Armes" ont annoncé le mois prochain, qu'ils allaient déposer une plainte au nom des victimes contre les gouvernements et les compagnies qui avaient violé l'embargo sur les armes décrété par les Nations Unies, contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud.
Un avocat américain assisté du mouvement 'Jubilé 2000" et du groupe des victimes Khulumani a fait une demande d'indemnisation de 80 millions de dollars au nom de 80 autres familles victimes de l'apartheid.
Ces plaignants ont pu être identifiés par le biais du procès de la Commission Vérité et Réconciliation (TRC).
Le porte-parole de "Jubilé 2000" en Afrique du Sud, Neville Gabriel a dit que ce geste était en partie une réponse à la TRC qui a fait que les victimes ont eu l'impression que le procès "n'avait pas tenu compte du rôle de la haute finance et de la communauté internationale dans l'appui apporté à l'Etat de l'apartheid.
" Une permanence téléphonique a été établie pour permettre à d'autres victimes de venir se joindre à cette action d'envergure.
On ne savait pas encore si les quatre familles allaient se joindre à cette action.
Mais le procès devrait durer assez longtemps étant donné que les témoins devront se déplacer aux Etats-Unis pour témoigner.

17 juin 2002 20:40:00




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