Des séropositives namibiennes avouent publiquement leur mal

Windhoek- Namibie (PANA) -- Cents trente trois namibiennes ont déclaré récemment en public à Rundu, au nord-est du pays, leur séropositivité à l'occasion d'une cérémonie où elles ont dansé et chanté.
Elles ont expliqué que leur démarche consistait à briser le mur de silence.
Regroupées au sein de la section locale de l'organisation "Lironga Eparu" (Apprendre à survivre), ces femmes, âgées de 15 à 25 ans, ont bravé la présence du public qui était venu écouter l'homélie du prêtre de la paroisse, le Père Dennis.
Celui-ci a dit : "Notre peuple souffre, et nos enfants pleurent.
Le SIDA est le loup, et nous sommes les agneaux".
A cette prière, les 133 femmes ont répondu, "Seigneur donne nous la connaissance et la force".
Puis, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, M.
Richard Kamwi, a déclaré à la Congrégation que le SIDA avait transformé la région de Kavango en un champ de bataille et allait emporter tous les jeunes, ne laissant que des foyers avec des orphelins et des grands parents dans les années à venir.
Il a indiqué qu'environ 16% de toutes les femmes enceintes de cette région avaient été dépistées séropositives au cours de la dernière étude effectuée par son ministère.
Emu par ce qu'il a vu, le ministre a dit aux femmes: "Je vous admire.
Vous pouvez être confrontées à des situations difficiles, mais de grâce, gardez un bon moral", ajoutant qu'il était important que les personnes infectées et affectées se réunissent et partagent leurs expériences.
L'organisatrice de cette manifestation, Roswitha Maswahu, qui est elle-même séropostive, et dont l'époux militaire est décédé des suites du SIDA il y a deux ans, a affirmé que l'objectif de Lironga Eparu était de briser le tabou, de prendre soin des personnes infectées et affectées et de mettre sur pied un centre d'assistance psychologique.
Mme Ndumba, ancienne directrice d'un établissement secondaire, a déclaré à la Congrégation que son association avait l'intention d'éliminer le VIH/SIDA de la région de Kavango au cours des cinq prochaines années, et finalement de toute la Namibie.
Elle a juré de diriger son association "jusqu'à sa mort".
"Si je meurs, l'une d'entre vous va reprendre le flambeau", a t-elle déclaré à ses camarades sous les acclamations de l'assistance.
Une autre militante de la cause du VIH/SIDA, l'ancienne formatrice des professeurs de collège, Emma Tuhapeha Kamapoha, a invité la société namibienne à ne pas isoler les personnes infectées par ce virus.
Première Namibienne a révéler sa séropositivité en public il y a cinq ans, elle a aussi recommandé aux membres du groupe de garder le virus pour elles mêmes et de s'abstenir d'avoir des rapports sexuels non protégés.
La coordinatrice de l'Action nationale catholique contre le SIDA, Lucy Steinitz, a affirmé que ce groupe allait changer la face du SIDA en Namibie.
"En déclarant publiquement leur situation et la partageant avec ses amis et sa famille, la personne infectée brise les barrières de l'isolement et peut vivre plus longtemps, de façon plus positive, et en étant davantage soutenue par les autres", a souligné Steinitz.
Elle a laissé entendre que son association, qui sponsorisait la manifestation de bout en bout, ne ménagera aucun effort pour soutenir les associations namibiennes souhaitant se faire connaître et mettre sur pied d'autres Lironga Eparus.
Quelques jours plus tard, les colonnes des journaux ont été remplies de message de lecteurs et d'articles saluant le courage et la force de ces 133 femmes.
Récemment, un auditeur d'une émission de la radio nationale a dit: "Si les autres régions du pays s'exprimaient franchement et formaient des associations similaires, la Namibie prendrait le taureau du VIH/SIDA par les cornes".

05 octobre 2001 20:58:00




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