Des organisations féminines appellent au report du référendum sur la Constitution égyptienne

Dar-es-Salaam, Tanzanie (PANA) - Egalité Maintenant, l’organisation mondiale de défense des droits des femmes a lancé mercredi un appel urgent au président égyptien, Morsi Mohammed, pour reporter le référendum populaire sur le projet de la nouvelle Constitution égyptienne prévu pour le samedi, afin de permettre une consultation.

Si le projet de Constitution est approuvé, il pourrait «compromettre gravement et restreindre les droits des femmes et des filles», a déclaré l'organisation,  en notant les références faites à la suprématie du Droit islamique (Charia).

Dans son appel, Egalité Maintenant a fait référence au Haut commissaire aux droits de l'Homme, Navi Pillay, qui a également fait part de ses préoccupations à la fois sur le processus d'élaboration d'une nouvelle Constitution et de son contenu actuel.

«Le projet de Constitution prévoit des garanties à certains droits de l'Homme. Cependant, il y a aussi quelques omissions très inquiétantes et des ambiguïtés", a déclaré Mme Pillay.

Tout en notant que le projet de Constitution garantit l'égalité devant la loi en droits et en devoirs, sans discrimination, le Haut commissaire a fait remarquer qu'il n'interdit pas explicitement la discrimination fondée sur le Genre, le sexe, la religion et l'origine.

L'article 10 du projet actuel indiquant un engagement à «préserver la vraie nature de la famille égyptienne», avec une disposition relative à «l'équilibre entre les obligations d'une femme envers la famille et le travail public», des observateurs estiment qu’un manque de protection explicite de l’égalité des femmes peut être utilisé pour justifier la discrimination.

"La hâte avec laquelle l'Assemblée constituante a adopté le texte définitif de l'action présidentielle et la plupart des circonstances ont mis en doute la crédibilité du processus», a déclaré Mme Pillay.

Selon Egalité Maintenant, très peu de femmes faisaient partie de la commission constitutionnelle chargée de rédiger la nouvelle Constitution et le dernier membre féminin a démissionné en signe de protestation en novembre.

Il n'y avait pas de processus transparent lors de l'examen et des débats sur le projet complet avant qu'il ne soit envoyé au président Morsi en fin novembre.

Egalité Maintenant et ses partenaires égyptiens, l'Alliance pour les femmes arabes et le Centre d'assistance juridique aux femmes égyptiennes (CEWLA), ont exhorté le président Morsi à employer un processus inclusif et transparent d'examen et de développement de la Constitution et à s'assurer que toutes les dispositions protègent clairement et promeuvent l'égalité des droits de tous les Egyptiens, «à la fois dans l'esprit de la révolution et en conformité avec les obligations internationales de l'Egypte".
-0- PANA AR/VAO/AKA/AAS/IBA 12dec2012

12 décembre 2012 15:46:57




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