Des ministres de la sous-région en consultation sur l'interdiction des Mutilations génitales féminines

Dakar, Sénégal (PANA) - Les ministres de la Femme, de la Santé et de la Justice des Etats membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de la Mauritanie prennent part ce lundi à Dakar (Sénégal), à la Consultation sous-régionale sur l’application de la Résolution onusienne 69/150 interdisant les Mutilations génitales féminines (MGF).

Cette rencontre, qui vise à renforcer en particulier le cadre politique, législatif et juridique interdisant la pratique, se veut un moment-clé de la Campagne "BanFGM : Pour l’Elimination des Mutilations génitales féminines" dont le lancement effectif avait été effectué à Dakar en avril 2010.

Cette campagne, financée par le ministère italien des Affaires étrangères et du Développement international, est menée par un groupe d’Organisations de la Société civile, composé de No Peace Without Justice (NPWJ), du Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé des femmes et des enfants (CI-AF) et des organisations nationales partenaires.

Aussi, la Consultation sous-régionale entend-elle harmoniser les législations nationales avec les conventions et traités internationaux ratifiés par la plupart des Etats de l’Afrique subsaharienne et renforcer l’engagement des acteurs impliqués à la mise en œuvre des dispositions de la Résolution 69/150.

Il faut rappeler qu’en 2012, l’Assemblée générale des Nations unies avait adopté par consensus, la Résolution 67/146, qui sera renouvelée en 2014 et remplacée par la Résolution 69/150, interdisant les MGF de façon universelle.

"Aujourd’hui, un cadre législatif clair et efficient interdisant les MGF est désormais considéré comme un pilier incontournable dans la lutte contre cette violation des droits humains", affirme le ministère sénégalais de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, dans un communiqué qui met en exergue le "leadership très fort" du Sénégal dans le mouvement de promotion de l’abandon des pratiques néfastes.

Le communiqué de presse rapporte, à cet effet, "une réelle volonté politique marquée par un engagement au plus haut niveau de l’Etat sénégalais depuis les années 70", précisant que l’année 1997 avait marqué un tournant décisif avec la prise de position publique du président d’alors, Abdou Diouf, condamnant la pratique des MGF, à l’occasion du congrès mondial des droits de l’Homme, tenu à Dakar.

L’Assemblée nationale avait ensuite voté la loi 99-05 interdisant la pratique des MGF le 13 janvier 1999, sous l’impulsion du collectif des femmes parlementaires et des organisations de femmes.

Ces efforts en faveur de l’abandon des pratiques néfastes avaient conduit  à l’élaboration de deux plans d’actions quinquennaux (2000-2005 et 2010-2015), "dont les exécutions ont permis d’enregistrer des progrès considérables", indique le communiqué qui invite tous les pays du monde entier à adopter des stratégies permettant de "pérenniser les acquis et de relever les défis pour le bonheur des femmes et des jeunes filles".  
-0- PANA SSB/TBM/IBA 24avril2016

24 avril 2016 18:07:07




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