Des meurtriers "racistes" condamnés à 18 ans de prison en Afrique du sud

Pretoria- Afrique du Sud (PANA) -- Le verdict tant attendu d'un meurtre raciste très médiatisé en Afrique du Sud, a été prononcé jeudi, par le juge Bernard Ngoepe qui a condamné deux rugbymen blancs à 18 ans de prison chacun pour le meurtre "sauvage et lâche" d'un jeune noir.
Au début de ce mois, Riaan Botha et Ben Korff ont été reconnus coupables du meurtre de Tshepo Matloha (19 ans) en mars de l'année dernière, lorsqu'ils ont pris ce dernier en train de chasser sur les terres de la famille Botha.
Ils ont accusé Matloha de braconnage dans la propriété avant de le frapper du pied sur la tête et à la poitrine.
Ils l'ont également battu avec la crosse d'un fusil et l'ont laissé mourir.
Dans l'un des procès les plus médiatisés de l'Afrique du Sud post apartheid, le juge Ngoepe a dit que l'Etat n'a pas réussi à prouver que l'attaque était raciste, mais a critiqué les rugbymen pour leur agression sur un homme sans défense.
"C'était un acte lâche.
Le fait que les deux hommes l'ont attaqué sauvagement est évident", a dit Me Ngoepe à une salle bondée.
Au départ, cinq Blancs, membres du club de rugby local de la province de Limpopo au nord de l'Afrique du Sud, étaient jugés pour meurtre, mais trois d'entre eux ont été jugés non coupables.
Il s'agit de Kobus Joubert, Francois Velloen et Corne Kloppers.
Toutefois, Botha et Joubert ont été condamnés à quatre ans de prison pour obstruction à la justice pour avoir jeté le corps de Matloha dans un barrage à 300 km de la propriété près de Polowane dans la province de Limpopo.
Mais Botha bénéficie de la confusion de l'ensemble de ses peines.
"Il est difficile pour un être humain, d'être plus méprisant et insensible qu'ils l'ont été", a dit le juge Ngoepe.
"Ils n'ont montré aucun respect pour le défunt quand il était en vie ni quand il est mort".
La mère de Matloha, Mary a demandé au tribunal de les condamner à vie -la peine la plus élevée depuis que l'Afrique du Sud a aboli la peine de mort il y a huit ans, à la fin de l'apartheid.
Jeudi, elle est restée silencieuse lorsque le juge lisait le verdict.
"Je ne suis pas satisfaite.
Dix-huit ans ce n'est rien pour ce qu'ils ont fait", a-t-elle dit aux journalistes à l'extérieur du tribunal.

03 mai 2002 12:59:00




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