Des menaces de mort contre le leader de l’opposition dominent l’actualité cette semaine à Maurice

Port-Louis, Maurice (PANA) – L’actualité cette semaine à Maurice est dominée par des menaces de mort proférées par le vice-Premier ministre, Showkatally Soodhun, à l’encontre du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, ayant pour toile de fond les relations mauriciennes à l’égard de l’Arabie saoudite.

Depuis mercredi dernier, c’est le buzz médiatique dans l’ile après la diffusion par la radio privée Top FM, d’une vidéo montrant M. Soodhun proférant des menaces de mort contre M. Duval lors de la célébration, la veille, de la fête islamique, Eid-ul-Fitr, dans l’Est de l’ile.

On peut à travers cette vidéo voir et entendre le vice-Premier ministre menacer le leader de l’opposition en ces termes : «Si  mon garde du corps me donne son revolver, je tuerai Xavier Duval au Parlement. C’est ça qu’on appelle le djihad».

Quelques heures plus tard, la radio a enlevé cette vidéo de son site, mais elle était déjà postée sur les réseaux sociaux.

Le quotidien "Le Mauricien" explique que l’origine de cette affaire est une question parlementaire posée par M. Duval au Parlement, le 30 juin dernier, sur les communiqués controversés par rapport aux relations diplomatiques entre Maurice et le Qatar, suite à la crise entre des pays du Golfe.

«Le bureau du ministre Soodhun avait émis un communiqué avançant que notre ile suspendait ses relations avec le Qatar. Or, le ministère des Affaires étrangères avait opposé un démenti à ce communiqué, précisant que Maurice n’avait pas coupé ses relations diplomatiques avec le Qatar», écrit ce journal.

Ce quotidien rapporte également la déposition de M. Duval à la police contre M. Soodhun «pour des infractions au Prevention of Terrorism Act, au Criminal Code et au délit d’incitation à la haine raciale».

Sous le titre : «Un VPM (vice Premier ministre) djihadiste !», l’éditorialiste du quotidien L’express, Nad Sivaramen, écrit : « Dans ce pays aux équilibres encore fragiles dans lequel nous vivons, triste est de constater que les politiciens s’agrippent à la ségrégation ethnique qui retarde la construction de la nation près d’un demi-siècle après notre indépendance des Britanniques.

Et quand un vice-Premier ministre de la République, devant une audience choisie, se dit prêt à recourir au djihad pour défendre l’Arabie saoudite, nous devons réaliser que nous avons franchi la ligne rouge».

Sur le même sujet, le quotidien "Le Défi" écrit, pour sa part, que la déclaration de M. Soodhun «est une publicité dont le Mouvement Socialiste Militant (MSM), le parti au pouvoir, se serait bien passé».

«Ne voulant pas envenimer les choses, la haute hiérarchie du parti a, selon nos informations, donné le mot d’ordre aux ministres et députés de faire profil bas sur cette polémique», écrit ce journal. Dans ce même journal, le leader-adjoint du Mouvement Libérateur (ML), parti minoritaire au pouvoir, Anil Gayan, déclare : «Quand les politiciens s’adressent à une audience, il se peut que leur parole dépasse leur pensée».

Ce samedi matin, le vice-Premier ministre Showkatally Soodhun n’avait pas encore été interpellé par la police, comme tout citoyen ordinaire l’aurait été, ni révoqué de son poste par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, malgré les nombreux appels de politiciens et aussi d’une large frange de la population mauricienne.
-0- PANA NA/IS/SOC 22juil2017

22 juillet 2017 14:41:38




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