Des groupes de défense des droits humains dénoncent la fermeture de stations de radio en Gambie

Dakar, Sénégal (PANA) - Deux groupes de défense des droits humains, Amnesty International (AI) et Human Rights Watch, ont dénoncé la fermeture de trois stations de radio privées et des arrestations arbitraires de partisans de l'opposition en Gambie.

Dans un communiqué conjoint rendu public à Dakar, au Sénégal, les deux groupes de défense des droits de l'homme ont annoncé vendredi que Teranga FM, Hilltop Radio et Afri Radio avaient été forcées de cesser d'émettre le 1er janvier par la National Intelligence Agency (Nia) de Gambie.

Bien que la radio Afri ait été rouverte le 3 janvier, elle ne diffuse pas actuellement d'éléments liés aux nouvelles, pendant que les deux autres stations restent fermées.

"Le risque d'une répression contre les voix indépendantes et critiques ne fera qu'augmenter les appels pour que Jammeh abdique avant la date limite du 19 janvier", a déclaré Sabrina Mahtani, chercheur de l'Afrique de l'Ouest à AI.

«Les autorités gambiennes doivent envoyer un message clair indiquant que les violations des droits de l'homme, y compris par les membres des forces de sécurité, ne seront pas tolérées et que les responsables des abus pendant la transition feront l'objet d'enquêtes et seront poursuivis».

Du fait que le gouvernement contrôle la télévision et la radio d'Etat, le communiqué a souligné que les stations de radio privées offrent aux Gambiens un accès important aux opinions et points de vues divergents, Les arrestations et intimidations par les forces de sécurité obligent certaines stations á pratiquer l'auto-censure.

Teranga FM et Hilltop Radio étaient des stations qui discutaient des nouvelles politiques diverses dans les langues locales.

Emil Touray, président de l'Union de la presse de Gambie, a déclaré aux groupes de défense des droits de l'homme que les fermetures de radio " privent les Gambiens de plusieurs médias essentiels pendant une phase cruciale de l'histoire du pays".

Teranga FM a été fermée trois fois ces dernières années, et le directeur général de la station, Alhagie Ceesay, a été arrêté en juillet 2015, battu et torturé au siège de la Nia puis accusé de sédition. Il s'est évadé lors de sa garde à vue et a fui à l'étranger en avril 2016.

Selon les groupes de défense des droits humains, les agents de la Nia ont arrêté et détenu brièvement depuis le 31 décembre 2016 au moins six personnes pour avoir porté ou vendu des T-shirts portant le logo du mouvement #Gambiahasdecided, qui a demandé à Jammeh de respecter les résultats des élections et de quitter le pouvoir.

Plusieurs membres de haut rang du mouvement auraient fui la Gambie après avoir reçu des menaces crédibles de la part de prétendus agents de la Nia.

"Le ciblage du mouvement #Gambiahasdecided et la fermeture des stations de radio privées menacent les droits des Gambiens à exprimer leur opposition à la tentative de Jammeh de rester au pouvoir", a remarqué Jim Wormington, chercheur de l'Afrique de l'Ouest chez Human Rights Watch. «C'est en des moments comme celui-là que la liberté d'expression est la plus cruciale».

Cependant, la PANA a appris que les membres détenus du mouvement #Gambiahasdecided et ceux qui étaient pris en train de vendre les T-Shirt ont tous été libérés.

Le communiqué a continué pour souligner que du fait que la date limite pour Jammeh de quitter le pouvoir et de le transférer s'approche, les autorités gambiennes et les forces de sécurité doivent respecter et protéger les droits de tous les Gambiens à exprimer librement et pacifiquement leurs opinions et points de vue politiques.
-0- PANA MLJ/AR/MTA/BEH/SOC 06jan2016

06 janvier 2017 16:39:33




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