Des fortunes diverses pour 13 200 maliens rapatriés de Côte d'Ivoire

Des fortunes diverses pour 13 200 maliens rapatriés de Côte d'Ivoire

Bamako- Mali (PANA) --La crise politico-militaire qui secoue, depuis le 19 septembre 2002, la Côte d'Ivoire dont la partie nord est occupée par la rébellion, a occasionné le rapatriement de 13.
200 ressortissants maliens à la mise en place le 16 novembre 2002 par le gouvernement de « l'opération rapatriement volontaire », lancée,.
Les candidats au retour volontaire au bercail ont été acheminés de presque toutes les grandes villes de la Côte d'Ivoire, notamment Abidjan, Duékué, Dibo, San Pedro, Daloa via le Ghana et le Burkina Faso dans quinze (15) convois qui ont mobilisé plus d'une cinquantaine de cars.
Au-delà de ces convois officiels, plusieurs autres Maliens, dont on ignore le nombre, ont regagné leur terre natale de leurs propres moyens.
Soucieuses d'accueillir au mieux et favoriser au plus vite la réinsertion de ces Maliens, démunis pour la plupart, les autorités ont lancé dans la foulée l'opération « Faso Danbé » (l'honneur du pays en langue nationale Bamanan)qui a permis de mobiliser au 31 mai 2004 quelque 365 millions de F CFA.
Du président de la République au citoyen moyen, en passant par le Premier ministre et les opérateurs économiques, nombreux sont les Maliens qui ont mis la main à la poche, pour donner de la consistance à la cagnotte.
«Les maliens ont vraiment montré à travers Faso Danbé leur légendaire solidarité, leur sens du partage envers leurs compatriotes émigrés en Côte d'Ivoire dont certains avaient laissé derrière eux presque tous leurs biens », confie, dans un entretien, Baba Sam, le Secrétaire permanent du Haut Conseil des Maliens de l'Extérieur (HCME).
Placée sous la responsabilité du Fonds de Solidarité nationale, la manne ainsi recoltée a servi notamment à acheter des vivres (mil, riz, lait), des médicaments pour les enfants et les personnes âgées, à payer les frais de transport de certains rapatriés vers l'intérieur du pays, confie un membre du Comité de gestion de l'opération « Faso Danbé ».
Pour la réintégration de ces milliers de Maliens, la légendaire hospitalité malienne à permis « d'apaiser un tant soit peu la souffrance des rapatriés», déclare Ousmane Touré en service au ministère malien du Développement social et de la Solidarité.
« La famille a encore un sens chez nous.
Tous les rapatriés ont pu regagner, quelques jours après leurs arrivées, leurs familles qui les ont accueillis à bras ouverts », confie Moussa du ministère des Maliens de l'Extérieur.
Mais cet élan de solidarité et la contribution spontanée au Faso Danbé ne sauraient compenser les énormes pertes issues d'un départ précipité de la Côte d'Ivoire où certins Maliens avaient passé une bonne partie de leur vie active.
« Il m'a fallu l'aide de quelques proches parents pour reconstituer mon capital parti en fumée à Abidjan lors des pillages », confie Karim, un jeune commerçant de tissus, qui opère sans difficulté apparente au Grand marché de Bamako.
D'autres, qui n'ont pas eu cette chance, connaissent des moments difficiles avant de trouver une porte de sortie .
« J'en connais qui éprouvent d'énormes difficultés pour joindre les deux bouts », déclare Karim qui appelle ses compatriotes maliens à plus de solidarité envers les rapatriés de Côte d'Ivoire.

14 juin 2004 13:15:00




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