Des experts onusiens alertent sur le danger du "comportement agressif" des groupes armés sur le processus politique en Libye

Tripoli, Libye (PANA) - Un Comité d'experts de l'ONU spécial pour la Libye a mis en garde contre que le "comportement agressif" des groupes armés en Libye, représentant une menace directe pour la formation d'un gouvernement national et le processus politique, et sur la fin de l'Etat de non-droit, qui a alimenté "l'extrémisme islamique" et le trafic de migrants et l'instabilité.

Dans un rapport présenté vendredi au Conseil de sécurité de l’ONU, le Comité d'experts onusien a déclaré que le recours à la violence pour étendre le contrôle des institutions publiques libyennes annonçait la reprise des affrontements armés à Tripoli.

Il a ajouté que la Libyan Investment Authority (LIA), la National Oil Corporation (NOC) et la Central Bank of Libya (CBL) étaient la cible de menaces et d'attaques, qui affectaient les performances du secteur pétrolier et financier dans le pays.

"Les groupes armés sont responsables des persécutions et des violations graves des droits de l'homme, qui ont aggravé les divergences entre les différentes factions et menacé la paix et la stabilité à long terme", a indiqué le rapport repris samedi par les journaux libyens.

Le document souligne que les principaux bénéficiaires de la présence de groupes armés sont le trafic illicite des migrants et les réseaux de trafic d'êtres humains, qui alimentent l'instabilité et sapent l'économie de l'État, soulignant que "les réseaux criminels qui organisent des convois d'immigrants ont utilisé les moyens (exploitation sexuelle) pour générer des rendements financiers importants".

Le Comité d'experts onusien a déclaré que "la majorité des groupes armés impliqués sont fidèles au gouvernement d'union nationale dirigé par Fayez al-Sarraj ou aux forces armées libyennes dirigées par le maréchal Khalifa Hafter".

Le Comité s'est dit également préoccupé de "l'impunité dont jouissent les auteurs de violations des droits de l'homme", ainsi que de ses inquiétudes que "les différents groupes armés qui cherchent à acquérir une légitimité en fournissant un soutien virtuel aux efforts de lutte contre l'immigration clandestine, reçoivent une assistance technique et matérielle des parties étrangères".

Cela a conduit à "une augmentation de l'utilisation de navires chargés d'armes dans l'ouest et l'est de la Libye", selon le rapport.

Le Comité de l'ONU déclare qu'"il a remarqué le nombre croissant de véhicules blindés et de camionnettes montées avec des mitrailleuses lourdes, des fusils sans recul et lanceurs de roquettes ainsi que des mortiers dans les zones de combat, en particulier dans la région orientale de la Libye, en violation flagrante de l'embargo sur les armes du Conseil de sécurité des Nations unies en Libye".

Dans son rapport, le Comité déclare également que les armes et le matériel connexe provenant de l'arsenal de Mouammar Kadhafi et de ses transferts après 2011 continuaient à atteindre les groupes armés libyens et étrangers.

"Les combattants étrangers et les groupes armés qui entrent et sortent de la Libye exploitent la prolifération massive des armes dans le pays, entraînant des violations continues de l'embargo sur les armes", a-t-il souligné dans son rapport.
-0- PANA BY/JSG 11août2018

11 Agosto 2018 12:13:03




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