Des experts des Nations unies exhortent le Soudan à abolir les condamnations à des peines outrageantes

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) - Un groupe d’experts des droits de l’Homme des Nations unies a exhorté les autorités soudanaises à l’abolition des peines outrageantes, à la suite de la condamnation d’une étudiante, Ferdous Al Toum, à une flagellation publique et au paiement d’une lourde amende pour des accusations d’habillement indécent.

Selon un communiqué transmis à la PANA, ce groupe d’experts note que la flagellation publique des femmes est une pratique récurrente au Soudan et que le délit pour attentat à la pudeur et la condamnation à la flagellation sont appliqués de façon disproportionnée à l’égard des femmes, évoquant le cas d’une autre étudiante, Rehab Omer, qui n’a été condamnée qu’au paiement d’une forte amende pour les mêmes faits allégués.

Pour ces experts, cette condamnation à une peine outrageante doit être abolie, tout en appelant le gouvernement soudanais à abroger toutes les lois discriminatoires basées sur le Genre et à se conformer aux normes internationales.

Les experts des droits de l'Homme ont officiellement exprimé leur préoccupation aux autorités soudanaises au sujet de la législation actuelle, qui autorise le châtiment corporel des femmes et les conséquences catastrophiques que cette violence a sur leur intégrité physique et psychologique et leur bien-être.

"Il est impérieux de se pencher sur la résolution des questions de discrimination, d’abus et de tortures, ainsi que l’oppression et le dénigrement des femmes dans ce pays. Nous exhortons le gouvernement du Soudan à mettre fin à ces graves violations des droits des femmes", ont-ils relevé.

Les cas mentionnés par ce groupe d’experts portent sur la confirmation de charges de port de tenues vestimentaires indécentes à l’encontre de 10 étudiantes, le 28 juin dernier, libérées sous caution et en attente de leur procès. Elles encourent au terme de leur condamnation soit 40 coups de fouet, soit le paiement d’une forte amende.

Ce groupe d’experts comprend le président-rapporteur du Groupe de travail des Nations unies sur la question de la discrimination contre les femmes en droit et dans la pratique, Mme Eleonora Zielinska, le rapporteur spécial des Nations unies sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Mme Dubravka Simonovic, l’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l'Homme au Soudan, Aristide Nononsi et le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan E. Méndez.
-0- PANA BAL/JSG/IBA 28août2015

28 août 2015 11:49:01




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