Des enseignants de l’université du Malawi manifestent pour la liberté d’enseigner

Blantyre, Malawi (PANA) – Les enseignants du collège Chancellor, un démembrement de l’université du Malawi qui se trouve dans la ville de Zomba à l’est du pays et situé à 80 kilomètres de Blantyre, ont organisé lundi des manifestations pacifiques pour protester contre ce qu’ils ont appelé une entrave à leur liberté d'exercer leur métier.

Ces mouvements font suite à la convocation du professeur de sciences politiques, Dr Blessings Chinsinga, par l’inspecteur général de la police, Peter Mukhito, après que l’enseignant a été soupçonné d’avoir établi un parallèle entre la crise énergétique actuelle  au Malawi et les insurrections qui ont mis fin au gouvernement du président Hosni Moubabrak en Egypte.

Les enseignants qui ont déserté les classes depuis mercredi, ont entamé leur marche au niveau du campus du collège Chancellor et se sont rendus au siège de la police pour la région Est située dans la ville où ils ont remis une pétition au chef de la police par l’intermédiaire du commissaire de police, Doreen Kapanga.

Quelques uns d’entre eux avaient la bouche bâillonnée avec des morceaux de tissu rouge et d’autres portaient un cercueil marquant la fin de leur liberté d’enseigner.

Des policiers fortement armés ont empêché les étudiants de participer à la marche. Les étudiants souhaitaient participer à la marche par solidarité avec les enseignants, selon le président de l’Association des étudiants du collège Chancellor, Lonjezo Sithole.

Dans leur pétition adressée au chef de la police, avec ampliation au ministre de l’Education, Peter Mutharika, au ministre des Affaires intérieures, Aaron Sangala et au conseil de l’université, les enseignants ont indiqué qu‘ils exigeaient des excuses et l’assurance que leur liberté d’enseigner sera respectée par Mukhito d’ici mercredi, sinon ils ne reprendront pas les cours.

"Vous devez nous garantir par écrit que vous, vos agents ou toute autorité liée à votre département ne répéteront plus une telle action", souligne la pétition signée par le président de l’association du personnel enseignant du collège Chancellor, Dr Jessie Kabwila-Kapasula.

La pétition exige également que Mukhito s’excuse personnellement auprès de toute la communauté du collège Chancellor pour avoir perturbé son calendrier académique et auprès du Dr Chinsinga lui même, en raison du traumatisme que son interrogatoire pourrait lui avoir causé ainsi qu'à sa famille.

"Nous espérons avoir de vos nouvelles d’ici mercredi 23 février afin que nous puissions reprendre nos activités académiques", a indiqué la pétition.

Les enseignants ont indiqué qu'en introduisant un système de délation sur le campus, le chef de la police ramène le Malawi à une période de dictature à parti unique, au cours de laquelle plusieurs enseignants ont été détenus après que des informateurs ont établi des rapports sur eux auprès des autorités.

"Il s’en est suivi  une importante fuite des cerveaux qui a miné l’université nationale et qui n'a jamais été corrigée," a indiqué la pétition.

Les enseignants ont déclaré qu’un environnement qui favorise la libre pensée, les discussions ouvertes, les débats sur des sujets liés au développement de la société est au coeur de la mission de toute institution académique.

La commissaire de police Kapanga a reçu la pétition au nom du chef de la police et a promis aux enseignants qu'elle la transmettra au siège de la police nationale à Lilongwe, la capitale.

-0- PANA RT/VAO/AKA/TBM/SOC 21févr2011

21 février 2011 15:12:19




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