Des efforts restent nécessaires pour vaincre le VIH/SIDA au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Le dépistage, la prise en charge médicale et psycho-sociale, ainsi que la Protection contre la transmission du SIDA de la mère à l’enfant (PTME) ont, certes, connu des progrès remarquables depuis 2002, mais la vigilance reste de mise face à certaines couches de la population qui ignorent encore le danger lié à cette pandémie mortelle, a fait le point, mardi, le chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, en même temps président du Conseil national de lutte contre le SIDA (Cnls).

Le président burundais intervenait à l’ouverture d’une Assemblée générale ordinaire de l’organe dirigeant du CNL à Bujumbura, la capitale du Burundi.

Beaucoup de centres de dépistage ont été crées, nombreux sont les Burundais qui les fréquentent pour connaître leur statut sérologique et ceux qui se retrouvent infectés accèdent facilement aux antirétroviraux (ARV), a-t-il souligné, appelant ses concitoyens à ne pas dormir sur leurs lauriers.

En matière de sensibilisation, le président Nkurunziza a particulièrement interpellé les médias pour qu’ils réservent des programmes spécifiques à l’éducation au SIDA.

Historiquement, les premiers cas de SIDA au Burundi sont apparus en 1983, sans connaissance de la maladie, sans traitement curatif, ni traitement préventif.

Plus de 30 ans après, les données officielles du ministère burundais de la Santé publique indiquent que le taux de prévalence générale du VIH a été ramené de 3,7 à 1,4% au niveau national.

Par sexe, ce taux reste néanmoins élevé à 6,1% chez les femmes des villes, 6,4% chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes et 22,5% chez les professionnels du sexe.

Parmi les programmes jugés ambitieux pour vaincre la pandémie à moyen terme, on trouve le troisième plan stratégique du Burundi contre le Sida sur la période allant de 2012-2016.

Dans ce plan, il était question d’avoir «une génération sans Sida» à travers, notamment, l’initiative de l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

On estime actuellement que seuls 58% des femmes enceintes séropositives reçoivent des ARV dans le cadre du programme de lutte contre la transmission du SIDA de la mère à l’enfant.

La nouvelle «Politique nationale de santé» (2016-2025) relègue le VIH/SIDA à la «quatrième cause de mortalité» chez l’adulte et à 1% des causes de mortalité au sein de la population des moins de 5 ans.

Le plan s’inscrit en droite ligne de l’Objectif mondial de «Zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination, zéro décès lié au Sida» et pour mettre fin à l’épidémie de Sida à l’horizon 2030".

En matière de prévention, on note une consommation importante de préservatifs masculins et féminins au Burundi, selon encore des chiffres officiels.

A titre indicatif, sur l’année 2014, 10.080.000 préservatifs masculins et féminins ont été distribués ou vendus, dont 5.917.401 préservatifs masculins, contre 84.191 préservatifs féminins.

La proportion des préservatifs distribués par rapport aux préservatifs vendus est de 62,8%, soit 3.774.060 de préservatifs vendus contre 6.001.592 de distribués.

On rappelle qu’au Burundi, les dépenses globales et officielles de santé publique représentent 8,7% du Produit intérieur brut (PIB) et le financement de la lutte contre le Sida provient, à plus de 95% de l’extérieur, notamment du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la malaria et la tuberculose.
-0- PANA FB/IS/IBA 27juin2017


27 Junho 2017 14:37:21




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