Des ONG s'inquiètent de la situation dans la zone sud-soudanaise de Jonglei

Des ONG s'inquiètent de la situation dans la zone sud-soudanaise de Jonglei

Khartoum, Soudan (PANA) - Des représentants de huit ONG, dont celles du Soudan du Sud, qui ont effectué une visite de terrain dans la zone de Jonglei, où des combats inter-communautaires et ethniques ont causé la mort de centaines de personnes, indiquent que la situation reste alarmante.

Le 22 août, une équipe composée d'agences humanitaires telles que la commission pour la réhabilitation et les secours, l'OMS, la Croix-Rouge, le PAM, Save the Children, le HCR, OCHA et RCSO s'est rendue dans certaines zones et a élaboré un rapport montrant que la situation pourrait être rien de moins qu'un nettoyage ethnique.

Elle a affirmé que les massacres dans la région étaient délibérés, méticuleux et inquiétants.

Le tableau dépeint par OCHA à partir de  Juba, capitale du Soudan du sud, et la branche américaine de Médecins sans frontières (MSF), a montré vendredi que les combats entre les Murle et Lou Nuer dans le comté de Uror à Jonglai, le 18 août, donnent des frissons.

L'agence onusienne a indiqué que la violence communautaire a débuté en février 2011 et que les partenaires humanitaires ont remarqué une escalade de la violence perpétrée par des membres de la communauté Murles, rappelant les attaques presque quotidiennes qui ont conduit aux  massacres de 2009.

Lors d'un raid effectué cette année, 185 personnes ont été tuées à Jonglei.

Au cours de la même année, 700 personnes ont été tuées dans des affrontements entre les Nuer et Murle.

Le rapport souligne que de janvier à la mi-avril, les Murle auraient effectué plus de 45 petites attaques sur les différentes communautés à travers l'Etat.

Durant cette période, certains des jeunes Lou Nuer auraient combattu aux côtés du groupe de miliciens rebelles George Athor et étaient loin de leurs maisons quand les attaques sont survenues.

Les jeunes Lou Nuer, en retournant chez eux, ont retrouvé leurs  villages ravagés, leur bétail volé et leur chef, entre autres, tué.

"En réponse, les membres de la communauté Lou Nuer ont commencé une série d'attaques de représailles contre les Murle dans les comtés de Pibor et de  Pochalla le 18 avril. Selon une évaluation menée par les  ONG et les autorités locales dans la ville de Pibor, les affrontements de représailles qui ont eu lieu du  18 au 23 avril ont fait entre 200 et 300 personnes victimes, 91 enfants ont été enlevés et plus de 4.400 personnes ont été déplacées», indique le rapport.

Il ajoute que quelque 75 affrontements entre les Lou Nuer et les Murle, ainsi que les Dinka, ont continué de fin avril à début juin dans huit des 11 comtés de l'Etat, provoquant la mort de 85 personnes et l'enlèvement de 11 autres.

Les équipes de la commission de réhabilitation et de secours du soudan du sud ont enregistré 9000 personnes déplacées par les attaques de mi-juin.

Durant cette période, de petites attaques simultanées avaient lieu entre les Murle et les communautés Dinka et Nuer Lou dans cet Etat, souligne le rapport.

”L'équipe de huit membres qui a visité Pieri, Motot, et Yuai pour évaluer la situation, a élaboré un rapport qui indique que grâce à des conversations avec les autorités locales, certains blessés et le personnel des ONG sur le terrain, elle confirme qu’au moins 200 Lou Nuer blessés avaient été traités dans les cliniques locales, quelque 340 personnes tuées par les combats avaient été enterrées dans les  villages de Pieri et Motot, et quelque 260 enfants Lou Nuer séparés de leurs familles ont été identifiés à Yaui, Motot et Pieri", indique le rapport.

”Les autorités locales ont rapporté à l'équipe inter-agence que certains villages ont été si décimés qu'aucun membre de la famille n'était des fois présent pour enterrer les morts", ajoute-t-il.

Selon Radio Miraya, une radio parrainée par l'ONU depuis Juba, le président Salva Kiir du Soudan du Sud a intimé l'ordre à son armée de prendre des mesures efficaces pour mettre fin aux raids de représailles dans la région de Jonglei située au Soudan du Sud.

Il était à prévoir qu’après que les membres de la tribu Murle ont organisé les attaques et ont volé des milliers de têtes de bétail appartenant à la communauté Lou Nuer à Jonglei, la semaine dernière, occasionnant la mort d'au moins 600 personnes et blessant des centaines d'autres, que les Nuer riposteraient prochainement, d'où le décret présidentiel indiquant que des mesures devraient être prises immédiatement.

Une démarche similaire a été prise par la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (UNMISS) vendredi et elle a déclaré qu'elle avait commencé à déployer des casques bleus et des équipes d'experts civils dans les zones vulnérables de l'Etat de Jonglei.

”Nous sommes prêts à soutenir les efforts des autorités du gouvernement et de l'Etat pour s'assurer que la paix et la stabilité sont restaurées. Et nous sommes en train de déployer des casques bleus supplémentaires et des équipes de surveillance dans les zones les plus vulnérables de l'Etat de Jonglei pour soutenir leurs efforts. La sûreté et la sécurité de tous les peuples du Soudan du Sud viennent avant et après tout”, a déclaré le Représentant spécial du secrétaire général de l'ONU, Hilde F. Johnson.

Les Vols de surveillance de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (UNMISS) au-dessus des zones touchées par le conflit sont également menées sur une base quotidienne.

Ces survols fourniront des informations sur la situation sur le terrain dans les zones observées afin de soutenir les efforts du gouvernement pour dissuader de nouvelles flambées de violence inter communautaire.

-0- PANA MO/VAO/AKA/AAS/SOC 27Août 2011

27 août 2011 17:29:20




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