Des Africains-Américains prêts à animer la "sixième région" de l'UA

Dakar- Sénégal (PANA) -- Une coalition d'organisations et de groupes africains-américains s'occupant de l'Afrique a fait part de sa détermination à participer à la "sixième région" (la Diaspora africaine) comme l'a recommandé l'Union africaine (UA).
Basée sur une proposition faite par le gouvernement sénégalais, la participation active des Africains de la diaspora dans les affaires de l'UA avait été approuvée par l'Organisation panafricaine qui l'a qualifiée de "sixième région" en plus de celles de l'Ouest, de l'Est, du Centre du Nord et du Sud du continent.
Dans une interview exclusive accordée à la PANA, Melvin P.
Foote, le fondateur et président de "Constituency for Africa" (CFA) basée à Washington, a déclaré qu'en 2005, son organisation va se concentrer sur les problèmes sanitaires en Afrique.
Il a indiqué qu'en plus de la mobilisation des Africains-Américains pour leur participation à la "sixième région" de l'UA, CFA allait mettre l'accent en 2005 sur une stratégie sanitaire globale pour l'Afrique "au lieu de se concentrer uniquement sur une stratégie sur le VIH/SIDA".
L'activiste africain-américain, dont les propositions ont eu un impact sur la position actuelle du gouvernement américain dans le conflit du Sud-Soudan, a sévèrement critiqué la communauté internationale pour son abandon des problèmes de l'Afrique dès que de nouveaux problèmes se posent ailleurs dans le monde.
Il a cité l'exemple de la crise au Darfour, dans l'Ouest du Soudan, qui a fait environ 70.
000 morts et déplacé plus d'un million d'autres personnes depuis février 2003.
"Je pense que le Darfour souffre de la négligence générale dont fait l'objet l'Afrique.
Quand il faisait la une des journaux, l'Occident s'y intéressait.
Mais maintenant que s'est posé le problème des victimes du tsunami en Indonésie et au Sri-Lanka, l'Afrique a été reléguée dans les pages intérieures, si tant est qu'on en parle", a souligné M.
Foote.
Le fondateur de "Constituency for Africa", qui a effectué une mission d'enquête au Sud-Soudan en 2001 et à qui l'on doit d'avoir contribué au changement de la position américaine sur la guerre civile au Sud-Soudan, a reconnu que son organisation n'était pas très impliquée dans la crise au Darfour, qu'il a qualifiée de "très mauvaise.
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et les populations continuent à souffrir".
"Je ne suis pas sûr que je qualifierai la situation dans ce pays de génocide, particulièrement si on la compare au Rwanda.
Mais des violations graves des droits humains et d'énormes souffrances y sont constatées", a déclaré M.
Foote en réaction à la qualification de génocide par le gouvernement américain de la situation au Darfour il y a quelques mois.
Le président de CFA a particulièrement fustigé le manque d'attention de la communauté internationale envers l'épidémie du VIH/SIDA qui fait plus de 8.
000 victimes par jour en Afrique.
Il s'est aussi déclaré préoccupé par la propagation de cette infection incurable durant la guerre civile au Sud-Soudan, qui est supposée être terminée suite à l'accord de paix signé dimanche dernier par Khartoum et l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) du colonel John Garang.
"Puisque personne ne prête attention à la situation dans cette région, je suis sûr que le nombre d'infections sera très élevé.
J'ai soulevé ce problème à l'occasion de plusieurs visites effectuées dans la région et je peux vous dire qu'ils ont commencé à se rendre compte du mal que cette pandémie va causer malgré la paix", a déclaré M.
Foote à la PANA.
Comme solution, il a invité les autorités de Khartoum à élaborer avec la direction de la SPLA, durant la période de transition de six ans, une stratégie nationale de lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme, la tuberculose et les autres maladies.
Une stratégie commune est aussi nécessaire pour pallier le manque d'infrastructures dans le Sud en utilisant les compétences des entreprises locales, plutôt qu'en se basant sur des entreprises étrangères, a-t-il souligné.
"Un fait saisissant au Soudan est qu'au Nord comme au Sud, vous trouverez les gens les plus formidables et les plus convenables qui soient", a soutenu M.
Foote, dont l'organisation s'efforce de sensibiliser le public américain sur l'Afrique et ses problèmes de développement.
Il a expliqué qu'il était possible de réduire les souffrances humaines dans ce pays, "à la diversité historique et culturelle très importante et qui est doté d'importantes ressources naturelles".
"Si la paix arrive à s'installer au Soudan, je suis sûr que ce pays deviendra un des pays les plus importants et les plus riches d'Afrique", a affirmé le fondateur et président de CFA.
A titre personnel, M.
Foote est impliqué dans plusieurs projets, comme des missions commerciales en Afrique et la supervision d'élections dans le continent.

12 janvier 2005 11:48:00




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