Dénonciation d'un décret sur la presse

Banjul- Gambie (PANA) -- Un décret réglementant les activités de la presse suscite actuellement des controverses en Gambie.
Pris au début de cette année par le gouvernement de Banjul, ce décret soumet la presse au respect de la vie privée et des lois du pays.
Il place également les journalistes en situation de poursuite en cas de refus de révéler les sources d'information.
Après la montée au créneau du président de la Gambia Press Union, Demba A.
Jawo, pour le dénoncer, c'est au tour d'un avocat gambien, Emmanuel Joof, de revenir à la charge.
Celui-ci estime que ce texte est scélérat et liberticide, et contraire à la propagande d'ouverture que le président Jammeh ne cesse de mettre en avant.
La plupart des organisations de défense des droits de l'Homme gambiennes se sont également investies dans la croisade contre ce décret, pour, dit-on, "une presse gambienne libre et responsable".
Elles condamnent "la volonté avérée du pouvoir de vouloir bâillonner la presse".
"Le pouvoir ne peut en même temps parler d'ouverture politique et chercher à hypothéquer la liberté de la presse.
C'est paradoxal", fait observer Lamin Sylla de la section gambienne d'Amnesty International.
Répondant à ces critiques, le secrétaire d'Etat à la Justice, Joseph Joof, a indiqué que le fait de réglementer les activités des médias ne peut en aucun cas être analysé comme une hypothèque de la liberté de la presse, mais doit être compris comme un souci de mettre de l'ordre.
Cette réponse du gouvernement, loin de calmer les ardeurs des militants de droits de l'Homme, n'a fait qu'exacerber les passions.
Appuyés par l'opposition, ceux-ci, réunis dernièrement au siège de la section locale d'Amnesty à Bakau, exigent le retrait pur et simple du texte.
Ils ont également saisi la Cour suprême.

02 mai 2001 10:46:00




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