Démission de la présidente de l'ASOPGE de la Guinée équatoriale

Malabo- Guinée équatoriale (PANA) -- La présidente de l'Association de la presse de Guinée équatoriale (ASOPGE), Mme Trinidad Morgades Besari, a démissionné le 8 novembre dernier en raison des "tensions" existant au sein de l'association, a-t-on appris seulement lundi auprès d'un de ses vice-présidents, Manuel Nse Nsogo.
Selon Nse Nsogo, ces "tensions" ont pour origine une lettre que Mme Besari avait adressé le 4 novembre aux ministres de l'Information et de la Sécurité nationale, demandant "l'immédiate mise en liberté" d'un journaliste équato-guinéen, correspondant de l'AFP et de RFI arrêté le 3 novembre à Malabo puis mis en liberté huit jours plus tard.
Les autorités reprochaient au journaliste d'avoir publié une information faisant état d'une rumeur sur une tentative de coup d'Etat à Malabo, à la suite de l'arrestation de plusieurs personnes, dont un pasteur, Bienvenido Samba, déjà impliqué, jugé et condamné à mort puis gracié dans une affaire similaire.
Dans la lettre de l'ASOPGE, l'unique association de presse du pays, Mme Besari écrit notamment que la "privation de liberté d'un journaliste nuit à l'exercice de la liberté de presse et entrave la liberté de l'information dans le pays".
Le secrétaire général de l'association, Roberto Martin Prieto, "n'a pas été content que l'association s'occupe de la situation d'un journaliste travaillant pour un média étranger", a affirmé M.
Nse Nsogo à la PANA.
M.
Prieto, homme d'affaires espagnol et homme de main du ministre de l'Information, directeur de la "Gaceta de Guinea Ecuatorial", un bi-mensuel édité en Espagne et distribué à Malabo, a qualifié cette lettre de "manipulation" et a décidé de démissionner.
Avant cette démission, il avait envoyé plusieurs lettres aux institutions équato-guinéennes dans lesquelles il "condamnait" et se "démarquait" de la position de l'association sur l'arrestation du journaliste, a ajouté M.
Nse Nsogo.
La "Gaceta de Guinea Ecuatorial", un journal pro-gouvernemental, est présidée par Agustin Nze Nfumu, ministre de l'Information, du Tourisme et de la Culture.
Légalement reconnue depuis 1997, l'ASOPGE avait pour ancien président un journaliste indépendant, Pedro Nolasco Ndong, menacé à plusieurs reprises par le régime et exilé actuellement en Espagne.
Le directoire qui l'a pilote, depuis, avait été mis sur pied en novembre 2002 par le ministère de l'Information.

17 Novembro 2003 11:19:00




xhtml CSS