Démarrage de la session annuelle de la Commission d'ONU-Fmmes

New York, Etats-Unis (PANA) - A un "moment décisif pour les droits des femmes et des filles", l'entité des Nations consacrée à l'égalité des sexes et à l'autonomisation des femmes a ouvert sa session annuelle lundi en écoutant les appels à aider les femmes, en particulier celles dans les communautés rurales, à obtenir la fin d'une dynamique du pouvoir dominé par les hommes qui a longtemps marginalisé leur participation et les a empêché de faire entendre leurs voix.

"A travers le monde, les femmes racontent leurs histoires et suscitent des conversations importantes et nécessaires - dans les villages et les villes; dans les salles de réunion et les chambres  à coucher; dans la rue et les coulisses du pouvoir", a déclaré le Secrétaire Général António Guterres, en procédant à l'ouverture de la 62ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW62)/

"De "Mee Too" à "Time's Up"  et "The Time is Now"  […] les femmes et le filles dénoncent les comportements abusifs et les attitudes discriminatoires", a-t-il ajouté.

En évoquant le thème de la Commission "Problèmes à régler et possibilités à exploiter pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural", le chef des Nations Unies a fait remarquer que tout en étant un groupe marginalisé, les femmes sont souvent le pilier de leurs familles et communautés qui exploite les terres et les ressources.

M. Guterres a estimé que soutenir ces femmes est essentiel pour tenir notre engagement mondial à éradiquer la pauvreté et créer un monde plus sûr et durable sur une planète saine - dans le cadre de l'Agenda 2030 pour un développement durable.

Un communiqué des Nations Unies indique que M. Guterres a décrit un monde dominé par l'homme avec une culture masculine dont des siècles de patriarcat et de discrimination ont laissé un legs préjudiciable.

En le qualifiant de "plus gros défi humain de notre époque", il a déclaré que: "les progrès des femmes et des filles doivent passer par le changement d'une dynamique du pouvoir inégalitaire qui sous-tend la discrimination et la violence".

"La discrimination des femmes est préjudiciable aux communautés, aux organisations, aux entreprises, aux économies et aux sociétés", a-t-il poursuivi. "C'est la raison pour laquelle tous les hommes doivent soutenir les droits des femmes et l'égalité entre les sexes. Et c'est la raison pour laquelle je me considère comme profondément féministe".

La présidente du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), Marie Chatardova a désigné la Commission comme un instrument essentiel pour le renforcement du cadre normatif mondial pour l'autonomisation des femmes et la promotion de l'égalité hommes-femmes.

Cet organe est également un élément-clé du travail de l'ECOSOC, avec les conclusions de la Commission qui appuient la mise en oeuvre de l'Agenda 2030 et celle de son 17ème Objectif de développement durable (ODD 17), qui vise à éradiquer la pauvreté et à assurer la prospérité pour tous sur une planète saine.

En notant que l'égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes et des filles est un thème qui englobe tous les Objectifs, Mme Chatardova a indiqué que l'intérêt de la Commission pour les femmes et les filles en milieu rural venait à son heure et s'adaptait bien à l'Agenda 2030.

D'après la présidente de l'ECOSOC, l'inclusion est un élément essentiel de tous les efforts.

En soulignant que la Commission a depuis longtemps établi une feuille de route pour le travail de l'ONU en matière d'autonomisation des femmes et d'égalité entre les sexes, elle a annoncé une session spéciale du Conseil en mai pour la construction de sociétés durables, inclusives et résilientes.

Pour sa part, le président de l'Assemblée Générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a noté que par le passé les défis ont été abordés sans une perspective Genre, ce qui "a eu un effet particulièrement dévastateur sur les femmes rurales".

M. Lajčák a souligné qu'il fallait que cela s'arrête et que les femmes soient prises en compte dans toutes les actions, de l'accès à l'eau à la suppression des écarts entre les salaires.

En attirant l'attention sur les femmes rurales en tant que source majeure d'innovation, il a expliqué que leur autonomisation profiterait à chacun.

"Ce genre de femmes n'a pas besoin de notre aide pour trouver des solutions", a-t-il affirmé. "Ce qui'il leur faut c'est notre soutien pour faire de leurs idées une réalité".

En qualifiant l'égalité hommes-femmes de priorité urgente, M. Lajčák a encouragé la Commission à poursuivre son important travail "jusqu'à ce que chacune des femmes, assise dans cette salle aujourd'hui ait les mêmes droits et les mêmes opportunités, que l'homme assis pres d'elle".

"Merci de continuer à lancer vos appels. Qu'ils soient plus forts que jamais", a-t-il conclu.

La Directrice exécutive d'ONU-Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka a souligné l'importance d'avoir placé la femme rurale au centre des préoccupations cette année.

"Cela indique notre engagement à relever certains des plus gros défis de notre époque: la pauvreté, l'inégalité, l'intersectionnalité  et la fin de la violence et de la discrimination faites aux femmes et aux filles, où qu'elles vivent  ou comment elles vivent, afin qu'aucune d'entre elle ne reste au bord de la route", a-t-elle affirmé.

En le qualifiant "d'étape charnière", la directrice d'ONU-Femmes a exhorté le forum à saisir cette opportunité d'accélérer les progrès, de parvenir à un consensus et de partager les meilleurs pratiques pour servir "les plus pauvres des pauvres".

"Il n'a jamais été si urgent de demander aux dirigeant de tenir leurs promesses d'accélérer les progrès", sur les ODD, a-t-elle affirmé. Une aspiration sans précédent au changement dans les vies des femmes est constatée dans le monde entier, ainsi qu'une reconnaissance croissante que les femmes ensemble "peuvent faire entendre leurs exigences".

"Les femmes se battent pour changer leurs vies et refusent d'accepter des pratiques qui ont normalisé l'inégalité entre les sexes, les comportements sexuels abusifs, l'exclusion et la discrimination dans tous les aspects de la vie", a-t-elle soutenu.

Elle a invité chacun à s'unir autour de cette cause commune, comme le stipule les principes d'égalité contenus dans la Charte de l'ONU, "pour un véritablement changement et définir les responsabilités".

La présidente, Geraldine Byrne Nason, a déclaré que la session actuelle est une étape-clé de la fin de la discrimination faite aux femmes et aux filles. En fait, "le temps est terminé" de la relégation de la femme au second plan dans le monde", a-t-elle affirmé, en exhortant la Commission à faire plus et mieux.

La CSW fonctionne dans le cadre de l'ECOSOC, en tant qu'organe des Nations Unies pour la promotion de l'égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes. La CSW62 se tient jusqu'au 23 mars.
-0- PANA MA/FJG/IBA 13mars2018

13 مارس 2018 08:53:34




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