Décès de Madiba: "Sa disparition physique, une symbolique métaphysique et mystique forte" (Parti de l'Opposition camerounaise)

Yaoundé, Cameroun (PANA) – Dans un hommage rendu ce vendredi à Nelson Rolihlahla Mandela, Madiba, l’alliance des Forces Progressistes (AFP), un parti de l’opposition camerounaise a qualifié l’illustre disparu de "fumier intarissable d’une nouvelle humanité planétaire".

Le communiqué, parvenu à la PANA, décrit Nelson Mandela comme ce « fauteur de trouble » qui vient de jouer encore, à la perfection, son dernier acte, rappelant que  « sa disparition physique, qui coïncide avec le Sommet franco-africain revêt une symbolique métaphysique et mystique forte que l'AFP perçoit à travers l’image selon laquelle  celui-là, qui "a inquiété durant de longs mois, par la volonté des dieux de nos ancêtres", et qui "tire enfin sa révérence la veille du jour où tous les chefs d’Etat africains sont réunis… en France, au pays du colon d’hier".

" Tous les chefs d’Etat africains vont devoir, bon gré mal gré, qu’ils l’aient aimé de son vivant ou pas, ravaler leurs complexes et faire à Madiba la révérence due au Roi africain de son rang, en dehors de tout protocole étatique et funéraire organisé, loin des bling bling si souvent savamment orchestrés pour mettre leurs petites personnes en perspective plutôt que le sens de l’idéal qu’ils incarnent ou qu’ils tentent d’incarner pour ceux à qui ceci a un sens », indique le communiqué.

Selon Alice Charlotte Zambou, secrétaire générale de l’AFP, « au-delà de la symbolique mystique qui rassemble tous les « grands » autour de l’image imposante du baobab aux cheveux gris, il y a que cette ultime élévation de Madiba se passe à Paris, chez François Hollande. Comme si Rolihlahla (NDLR: petit nom de Mandela), nous adressait une invite, une fois de plus à la problématique des rapports Nord-Sud, problématique vieille comme l’esclavage, abjecte comme le colonialisme et cynique comme le néo-colonialisme ».

"Comme si Madiba nous invitait à reconsidérer, sans idées reçues, sans complexe ni grandiloquence superflue, le sens de nos rapports avec nos maîtres d’hier et d’aujourd’hui, dans l’intérêt de la postérité africaine et au nom de la survie de notre humanité que Dieu a voulue multiraciale et disproportionnée", poursuit Alice Charlotte Zambou.

« L’œuvre de Madiba aura été un coup de maître; il nous revient, apprentis politiques de ce siècle, de nous en inspirer, afin, peut-être un jour, de décoder les obstacles épistémologiques et existentiels du monde contemporain, afin de mieux codifier notre praxis politique et ainsi, amorcer la trajectoire que nous voulons nôtre dans le concert des nations, pour une Afrique réhabilitée, enfin » poursuit-elle.

« Dans cette Afrique justement terrassée par la pauvreté, le Sida, l’insuffisance alimentaire, minée par le tribalisme, les divisions, les conflits religieux, les coups d’Etat… c’est peu de dire que nous avons tous encore à apprendre de Madiba » ajoute-t-elle.

Aussi invite-t-elle enfin "les dirigeants conjoncturels de ce berceau de l’humanité nommé Afrique, béni des dieux mais inlassablement foulé au pied par certains de ses fils et filles, gagneraient à méditer à la fois sur le sens de leurs pensées, de leurs choix et de leurs actes politiques, à la lumière de cette parole du sage, de cette légende qu’est Mandela.

-PANA- SSB/IBA 06DEC2013

06 décembre 2013 17:58:49




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