Déby nie toute implication du Tchad dans la guerre au Darfour

N'Djamena- Tchad (Pana) -- Le président tchadien Idriss Déby nie toute implication du Tchad dans le conflit qui oppose les rebelles du Mouvement pour la libération du Soudan et le pouvoir légal du président Omar Hassan El-Béchir dans la région du Darfour, frontalière avec le Tchad, rapporte ce week-end le quotidien pro-gouvernemental Le Progrès se faisant l'écho d'une brève visite effectuée par Déby mercredi dernier à Khartoum.
Le président Idriss Déby a déclaré avec insistance et fermeté, que son pays n'est pour rien dans la situation qui prévaut dans l'Etat du Darfour, frontalier avec le Tchad, caractérisée par un affrontement entre les rebelles de la Sudanese Liberation Movement Army-SLMA et les forces armées soudanaises depuis quelques mois, rapporte Le Progrès.
"C'est faux et archi-faux.
Quel intérêt le Tchad et les Tchadiens ont à déstabiliser le Soudan qui est un pays frère, avec lequel nous partageons beaucoup de choses?", s'est interrogé le chef de l'Etat, Idriss Déby, rapporte Le Progrès.
"Essayez d'être mieux informés, ne colportez rien", a conseillé aux journalistes, le président Déby, ajoute le journal pro- gouvernemental selon lequel M.
Idriss Déby informe qu'il n'y a pas du tout une action contre le Soudan à partir du Tchad.
"Je déclare formellement, de la manière la plus catégorique, qu'aucune action n'est venue du Tchad contre le Soudan et qu'aucune action ne viendra du Tchad contre le Soudan", a souligné Déby pour qui il n'y a aucune raison pour que le Tchad déstabilise le Soudan, poursuit Le Progrès.
"Nous avons les meilleures relations possibles entre Etats et les meilleures relations possibles entre le président El-Béchir et moi-même", a rassuré le président Déby, selon Le Progrès qui note que Idriss Déby reconnaît cependant, qu'au niveau de la longue frontière entre les deux pays, les mêmes populations vivent des deux côtés de la ligne de démarcation.
"C'est un fait historique voulu par la colonisation qui a tracé la carte avec un crayon" a relevé le président Déby, rapporte encore Le Progrès.
Le président de la République déplore, en effet, poursuit Le Progrès, qu'il y a des problèmes entre communautés, entre les éleveurs et agriculteurs, qui se battent.
Et le quotidien pro- gouvernemental de relever qu'il s'agit de questions de vol à main armée, des choses qui existent et continueront d'exister.
"Mais nous mettrons tous les moyens possibles pour combattre ensemble ce fléau" a encore indiqué le président Déby, qui a annoncé que les forces tchadiennes et soudanaises se mettront ensemble pour combattre l'insécurité à la frontière.
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, précise Le Progrès, en guise de conclusion.
Le président tchadien nie ainsi, les soupçons qui pèsent sur certains officiers de son entourage et de son clan qui soutiendraient leurs congénères de la tribu des Zaghawa du Darfour soudanais.
On rappelle qu'en son temps, les autorités tchadiennes avaient nié toute implication dans la crise centrafricaine avant d'être démenties par les faits, sur le terrain, rappelle-t-on dans certains milieux.
Comme en République centrafricaine, aussi, où il a offert ses bons offices, le président Idriss Déby joue depuis quelques mois, la médiation entre Khartoum et les rebelles du MLS.
Deux accords de cessez-le-feu, préalables au retour de la paix dans la région, avaient été notamment signés à Abéché, la capitale de l'Est du Tchad, sous les auspices du chef de l'Etat tchadien.
Une délégation soudanaise serait d'ailleurs attendue à N'Djaména, dans les jours ou heures à venir, indique-t-on de sources proches de la présidence.

14 décembre 2003 19:32:00




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