Début de la relance de l'agriculture angolaise (Feature)

  Luanda- Angola (PANA) -- Un des défis les plus grands et les plus difficiles à relever de l'après-guerre en Angola est la relance de son agriculture détruite par un conflit armé qui s'est étendu sur près de trois décennies.
La guerre entre les forces gouvernementales et les rebelles de l'UNITA a affecté ce secteur plus que tout autre, de deux façons bien distinctes: en déplaçant les gens de leurs terres et en laissant à l'abandon de vastes étendues de terres arables où des mines terrestres ont été enfouies par les deux parties.
Environ quatre millions d'Angolais, soit un tiers de la population, ont été déplacés de leurs maisons, alors que plus de deux millions d'autres sont allés chercher refuge dans des pays voisins.
D'autre part, des millions de mines terrestres ont été enfouies n'importe comment, par les soldats du gouvernement et les rebelles de l'UNITA, dans la plupart des 18 provinces du pays, ce qui rend les terres impropres à l'agriculture.
"La présence de mines sur toute l'étendue du territoire est un obstacle majeur qui limite la production agricole et la libre circulation des personnes et des biens", ont indiqué les Nations Unies dans un rapport.
"La présence de ces mines empêche aussi la réinstallation des populations et fait courir le risque à des milliers d'Angolais d'être blessés gravement ou tués", a-t-il ajouté.
L'impact, sur l'agriculture, du déplacement des populations, des mines terrestres et, ces dernières années, de la sécheresse a accru la disparité croissante en Angola entre la production et la consommation alimentaires locales, en faveur de la dernière.
La consommation annuelle nationale de produits céréaliers s'élève à 1,3 million de tonnes, cependant la production n'est que de 500.
000 tonnes par an.
Le reste est importé et donné par les agences d'aide internationales comme le Programme Alimentaire Mondial (PAM), particulièrement aux personnes déplacées.
Ce qui a poussé le gouvernement, prudent en ce qui concerne la poursuite du soutien des donateurs, à commencer à prévoir de relancer ce secteur, maintenant que la guerre, qui a duré si longtemps, a pris fin.
"Notre premier objectif est d'augmenter la production du secteur agricole angolais", a déclaré Pedro Canga, le directeur de l'Institut National de Développement Agricole.
Avec le soutien du gouvernement et des donateurs, l'institut a entamé un programme de fourniture d'intrants agricoles aux paysans.
Les Nations Unies, qui sont le principal partenaire de ce programme, ont indiqué que les programmes pilotes ont jusqu'ici eu des résultats positifs.
"Des évaluations récentes ont confirmé que les populations réinstallées récemment, ont vu leurs conditions de vie s'améliorer de façon notable", a indiqué l'organisation mondiale dans son rapport sur la relance du secteur angolais de l'agriculture.
Le gouvernement se tourne aussi vers l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, où les exploitants agricoles blancs sont assiégés, pour bénéficier de leurs investissements et de leur expertise.
Des centaines de fermiers zimbabwéens blancs, dépossédés de leurs exploitations par le président Robert Mugabe, se sont réinstallés en Angola, attirés par les offres intéressantes de terres gratuites et l'abondance d'une main d'oeuvre bon marché.
En se concentrant immédiatement sur l'agriculture, le gouvernement est aussi motivé par le besoin urgent de maintenir la stabilité sociale de l'après-guerre, qui pourrait se désintégrer si la tendance aux pénuries alimentaires se poursuit.
L'agriculture est aussi le seul secteur, qui peut immédiatement fournir des emplois à large échelle, ce qui est une autre des préoccupations du gouvernement.
Actuellement, malgré la guerre, l'agriculture représente 76 pour cent de la main d'oeuvre en Angola, bien qu'elle ne contribue que pour 12 pour cent au Produit Intérieur Brut.
Dans le cadre des opérations pour l'année en cours, par exemple, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), n'a pas réussi à réunir auprès des donateurs 30 pour cent des 160 millions de dollars nécessaires pour les opérations d'aide alimentaire en Angola.
L'agence de distribution de produits alimentaires des Nations Unies ne s'attend pas à une augmentation du prochain budget estimé à 233 millions de dollars pour la période de 18 mois démarrant en juillet.
"Les donateurs ne se défont pas facilement de leur argent", a indiqué le porte-parole du PAM, Marcelo Hering.

11 juin 2002 16:13:00




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