Darfour: Menaces de sanctions contre les parties aux pourparlers

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), a averti les parties impliquées dans la crise du Darfour que toute tentative de blocage du processus de paix les exposerait à des sanctions, a appris la PANA de source officielle.
"Toutes les parties devraient retourner immédiatement à Abuja, au Nigeria, afin de prendre part à la septième série de pourparlers inter-soudanais sur le conflit du Darfour sans poser le moindre préalable", a souligné le CPS, à l'issue de sa 43ème réunion clôturée mardi soir, à Addis-Abeba.
Précisant que cette septième série de pourparlers doit être "une étape décisive, conclue par la signature d'un accord de paix global pour mettre un terme au conflit dans le Darfour", le CPS a également exhorté les médiateurs à ne ménager aucun effort pour garantir la réalisation de cet objectif.
L'ancien Premier ministre de la Tanzanie et ancien Secrétaire général de l'OUA, Salim Ahmed Salim, est chargé de piloter ces pourparlers en qualité d'Envoyé spécial et Médiateur en chef de l'UA.
Le CPS s'est aussi déclaré préoccupé par les récents événements enregistrés sur le terrain, notamment les violations de l'Accord de cessez-le-feu, et a demandé à toutes les parties de faire montre de la plus grande retenue et de respecter leurs engagements.
Le CPS accuse, par ailleurs, le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) de retarder le processus visant la conclusion d'un accord de paix global dans la région occidentale du Soudan, déchirée par la guerre.
Rappelant aux dirigeants du SLM/A qu'ils ont la lourde responsabilité de ne pas prolonger les souffrances de leur population dans le Darfour, le CPS les a exhortés à oublier leurs divergences et leurs ambitions personnelles pour se focaliser sur les négociations afin de mettre un terme au conflit.
"Dès que possible", a encore noté le Conseil, "il faudra prendre en charge collectivement et résoudre de manière démocratique, transparente et équitable, la crise de leadership qui secoue le Mouvement".
Plusieurs pays et institutions ont pris des initiatives afin de surmonter les divisions au sein du SLM/A.
Le CPS de l'UA a appelé à la poursuite de ces efforts, en étroite coopération et en consultation avec l'Union africaine.
Cependant, le CPS, agissant en étroite collaboration avec le Conseil de sécurité des Nations unies, a décidé d'examiner les mesures appropriées, voire même les sanctions, susceptibles d'être prises contre toute partie qui pourrait entreprendre de saper le processus de paix dans le Darfour ou en constituer un obstacle.
Conformément à cette décision, les obstacles au processus de paix identifiés concernent le retard des pourparlers de paix d'Abuja de même que les violations de l'Accord de cessez-le-feu humanitaire de N'Djamena et des protocoles d'Abuja.
Le CPS a appelé tous les partenaires internationaux à prêter un soutien appuyé à la position de l'UA en ce qui concerne le processus de paix global qui pourrait prendre en charge les doléances légitimes des populations du Darfour.
L'accord de paix global sur le conflit du Darfour, dont la signature est envisagée, devra être conforme aux dispositions de la Constitution intérimaire du Soudan et de la Déclaration de principes adoptée par les parties concernées à Abuja, au cours de la sixième série de pourparlers.
A l'issue de la sixième série de pourparlers, le 20 octobre 2005, les parties impliquées dans le conflit du Darfour, à savoir le gouvernement du Soudan, le SLM/A et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), s'étaient engagées à ne ménager aucun effort pour faire en sorte que les prochains pourparlers soient décisifs.
Dans un rapport consacré à la préparation de la septième série de pourparlers, l'Union africaine a fait observer que le processus de paix du Darfour a aujourd'hui atteint une étape décisive dont la consolidation requiert des efforts concertés.
"Les scissions internes, en particulier celles intervenues au niveau de la direction du SLM/A, les attaques lancées contre les forces de la Mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) et les convois humanitaires, les actes relevant du banditisme armé et les atteintes aux droits humains sont sources de graves préoccupations", note encore le rapport.

23 novembre 2005 15:03:00




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