Critiques des citoyens après le faible taux de réussite au BEPC au Burkina Faso

Ouagadougou, Burkina Faso (PANA) - Le taux de réussite au Brevet d’étude du premier cycle (BEPC) au Burkina Faso pour l’année 2016 a été évalué à 29,41 pc, suscitant de vives critiques de la part des internautes, qui appellent les autorités "à prendre le problème au sérieux".

"Le taux national de succès au BEPC de la session de 2016 est de 29,41 pc, en tendance baissière de 09,81 points de pourcentage par rapport à 2015 (39,22 pc%)", a déclaré jeudi,  le ministre de l’Education nationale, Jean-Martin Coulibaly.

"Cette faible performance récurrente de ce niveau de notre système éducatif, interroge mon département et invite à une réflexion sur ses causes profondes", a-t-il dit.

Cette sortie médiatique du ministre en charge de l’Education a été diversement appréciée sur la toile burkinabè.  

En effet, pour Kondemodre Albert, il s’agit d’une "chute libre": "Le gouvernement doit prendre des mesures propres pour éviter une crise dans notre système éducatif car nous savons tous que sans éducation pas de développement. Ainsi disait Nelson Mandela: + Education is the most powerful weapon which you can use to change the world+".

"Ce résultat n'est pas surprenant. Quand on délaisse un secteur aussi important qu'est l'Education (dans les mains du secteur privé: ndlr) pour ne pas dire des +opérateurs économiques+ ou +business men+ sans contrôle rigoureux, on doit s'attendre à cette catastrophe", explique pour sa part Yaya Bamba.

M. Bamba faisait allusion à la prolifération des établissements privés sur toute l’étendue du territoire, avec parfois des coûts de formation élevés, mais sans qualité.  

Certains imputent ces résultats aux mauvaises conditions de vie et de travail des enseignants. "Comment voulez-vous que les enseignants puissent bien faire leur travail, s’ils attendent plusieurs mois sans salaire, après leur formation, alors qu’ils sont sur le terrain?", s’interroge Abdala Diao.

"Ventre vide on ne peut rien apprendre à un élève. En plus on n’a pas de matériel didactique, des infrastructures et on dit de ne plus corriger ou punir un enfant. Bref... ", a-t-il lâché.

Par contre, Annick Bayala estime que c’est l’utilisation "abusive" de réseaux sociaux  par les élèves qui justifie leur faible rendement. "C'est grâce à Facebook, Whatsap, Viber et consort", énumère-t-elle.

A cela, s’ajoute, selon Tanassé Tanassé, la montée de l’incivisme, notamment des violences scolaires enregistrées au cours de l’année académique écoulée. "Si les élèves passent leur temps à agresser les enseignants, la conséquence est que les enseignants passeront leur temps à tout barrer au Bic rouge. Rien n'est plus comme avant", écrit-t-il.

Mi-mai, trois enseignants du Lycée départemental de Gounghin (25 km de Koupéla, Centre-est) ont vu leurs mobylettes incendiées par un groupe d'élèves qui ont également endommagé portes et fenêtres par des jets de "gros cailloux".

Mi-avril, des élèves du CEG de Nagaré (Logobou) ont déchiré le drapeau national avant d'incendier des biens appartenant à leurs professeurs pour défendre l'un des leurs qui a eu des bisbilles avec son professeur de mathématiques.

En février, des élèves de Diapaga (Est) ont saccagé des infrastructures judiciaires pour exiger la libération d'un des leurs, accusé d'avoir abusé d'une mineure.

Depuis, des voix se sont levées pour exiger des sanctions à l'endroit de ces scolaires. Pourtant, les résultats de l'enquête ouverte au lendemain des événements de Nagaré se font toujours attendre.

La question de l'incivisme en milieu scolaire doit être traitée de "façon large", en incluant notamment la cellule familiale, car "l'école seule ne pas résoudre le problème", avait estimé le ministre de l’Education en fin mai lors d’un point de presse.
-0- PANA NDT/JSG/IBA 17juin2017

17 juin 2016 16:15:03




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