Lagos, Nigeria (PANA) - Le manifeste officiel de l'appareil du McDonnel Douglas MD-83 qui s'est écrasé dimanche au Nigeria fait état de la présence de 146 passagers à bord, soit sept de moins que le chiffre avancé par les autorités de l'aviation.
D'après ce manifeste, qu'a pu voir un correspondant de la PANA, il y avait à bord 135 adultes, cinq enfants et six bébés.
Avec les six membres d'équipage, le nombre total de personnes à bord était de 152, selon le manifeste.
L'appareil faisait partie de la flotte de la compagnie aérienne locale, DANA Airlines, qui a démarré ses activités le 10 novembre 2008.
Parmi les victime du crash figurent le porte-parole de la société pétrolière nationale (NNPC), le Dr. Levi Ajuonuma; Ehime, fils de feu Auguste Aikhomu qui fut vice-président d'un régime militaire et trois généraux de l'armée nigériane.
Le ministre de l'Aviation, Stella Oduah, avait déclaré à la presse que l'appareil qui se rendait d'Abuja à Lagos, avait à son bord 153 passagers et six membres d'équipage.
Elle a ajouté que le pilote de l'avion avait signalé une urgence à 15h 45 (heure locale), alors qu'il se trouvait à 11 miles de sa destination, l'aéroport international Murtala Mohammed.
Une minute plus tard, il n'était plus localisable avant de s'écraser contre des immeubles du quartier d'Iju, dans la banlieue de Lagos.
D'après le ministre, aucun survivant n'avait été retrouvé au moment où elle tenait son point de presse, plus de trois heures après le crash.
Les habitants du quartier où l'avion s'est écrasé ont indiqué que les secours ne sont pas arrivés à temps.
Quand aux équipes de sauvetage, elles ont indiqué que les nombreuses personnes sur les lieux de l'accident les ont empêchés d'y accéder rapidement.
Des témoins ont déclaré au quotidien local "Punch" avoir entendu des personnes appeler à l'aide de l'avion ainsi que des bâtiments touchés.
"Nous nous sommes précipités sur les lieux de l'accident mais nous ne savions pas quoi faire parce qu'il y avait trop de fumée. Un personne à bord de l'appareil écrasé, on ne sait pas s'il s'agissait d'un passager ou du pilote tentait d'en sortir", a déclaré un témoin au journal.
Les opérations de secours ont repris lundi matin, avec des éléments de l'Agence nationale de gestion des catastrophes (NEMA) et de la Croix-rouge ainsi que des agences de sécurité, qui cherchent parmi les décombres d'éventuels survivants. Les recherches avaient été interrompues dans la nuit de dimanche du fait de l'obscurité.
Un secouriste a déclaré à la PANA que des corps ont été extraits des ruines des bâtiments dimanche, sans pouvoir préciser s'il s'agissait de passagers ou d'habitants de ces immeubles, dont un à deux étages et une maison d'édition.
Une responsable de la NEMA, Mme Ojo, a indiqué que l'agence n'avait pas encore déterminé le nombre de personnes tuées au sol.
"Nous avons récupéré des corps mais nous ne sommes pas en mesure de dire s'ils proviennent de l'avion ou des immeubles", a-t-elle expliqué.
Par ailleurs, le directeur général de l'Autorité de l'aviation civile du Nigeria (NCAA), Harold Demuren, a annoncé l'ouverture d'une enquête pour déterminer les causes de l'accident.
Mais la presse a rapporté lundi que l'appareil qui s'est écrasé avait présenté à plusieurs reprises des "défaillances préoccupantes", depuis son acquisition par la compagnie américaine Alaska Airlines, le 13 novembre 1990 jusqu'à sa vente à la DANA le 17 février 2009.
D'après le quotidien privé, "Vanguard" le lundi 03 mai, un responsable de la compagnie de Lagos aurait attiré l'attention de la direction sur le fait que l'appareil en question devait être immobilisé au sol pour une révision générale, mais que cet avertissement avait été ignoré
Le journal a également rapporté que l'appareil était retourné se poser à deux reprises après décollage, les 11 et 25 mai. Mais ces informations n'ont pu être vérifiées.
Le président Jonathan a décrété trois jours de deuil national, en plus d'avoir annulé tous ses rendez-vous de ce lundi.
Cet accident est le deuxième d'un appareil nigérian en deux jours, suite au crash d'un cargo d'Allied Air sur l'aéroport de Kotoka, à Accra, au Ghana samedi, qui a fait 10 morts.
Un ex-pilote de la défunte compagnie aérienne nationale, Nigeria Airways, a indiqué dans une interview accordée récemment que les opérateurs locaux ne respectaient pas les normes uniquement pour permettre à leurs appareils de continuer à voler.
"Aujourd'hui, nous savons que les pilotes reçoivent comme instruction de ne pas mentionner les problèmes techniques dans les livrets prévus à cet effet mais de les porter sur une feuille de papier à remettre au mécanicien", a déclaré le capitaine Tito Omaghomi.
"Ce qui signifie que si le mécanicien peut réparer la panne, c'est bon; mais si ce n'est pas le cas, l'appareil continuera à voler car il n' y pas de trace de la défaillance", a-t-il souligné.
-0- PANA SEG/FJG/JSG/IBA 04juin2012