Coulibaly critique sévèrement les accords de Linas-Marcoussis

Porto Novo- Bénin (PANA) -- Le désarmement des forces rebelles et leur amnistie constituent une question préalable à l'activité législative pleine et entière de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, a déclaré, vendredi à Porto-Novo, le président de cette institution, M.
Mamadou Coulibary.
"Si le désarmement n'est pas réalisé, comment les députés pourront-t-ils valablement voter les lois inspirées de Marcoussis en toute connaissance de cause", a notamment dit M.
Coulibaly, qui s'exprimait à l'occasion de la rentrée parlementaire de l'Assemblée nationale du Bénin.
Dénonçant, au passage, "les voix qui se sont élevées pour dire que le désarmement des rebelles ne devrait pas constituer un préalable", il a soutenu "qu'il était difficile de convaincre les hommes, les femmes, les jeunes et les enfants meurtris dans leur chair qui écoutent, qu'il est possible de faire la paix sans désarmer leurs bourreaux".
"Comment des députés peuvent-ils voter des lois essentielles à la réconciliation nationale sans pouvoir aller dans leurs localités expliquer les projets ou propositions de lois à leurs électeurs pris en otages par des assaillants armés", s'est-il demandé.
Il a précisé que sur 211 députés siégeant au parlement, 72 ne peuvent aller dans leurs circonscriptions "parce qu'ils sont pris en otages par les assaillants qui, chaque jour, tuent et continuent de tuer impunément".
Pour le président du parlement ivoirien, Linas-Marcoussis (du nom de la localité française de la région parisienne où ont été signés les accords inter ivoiriens en janvier dernier) "a donné un permis d'assassinats, à grande échelle, aux milices privées qui ont attaqué la Côte d'Ivoire".
Selon lui, cet accord, qui invite les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale ayant participé à la table ronde à garantir le soutien de leurs députés à la mise en oeuvre du programme gouvernemental, "pose en réalité le problème du vote des lois au parlement ivoirien sur la base d'un accord de désarmement des rebelles intervenu entre ces derniers et des groupements politiques.
Affirmant que la guerre qui se passe actuellement en Côte d'Ivoire pose la question de la sécurité dans les jeunes Etats africains, le chef du parlement ivoirien a appelé (les dirigeants africains) "à traitée avec le plus grand soin".
"Si aucune réglementation n'est prise pour décourager partout ailleurs en Afrique ce genre d'aventuriers au service du gangstérisme international d'Etat, "il en sera fini pour la stabilité de nos Etats et la quiétude de nos différentes populations", a-t-il prévenu.

30 mai 2003 19:25:00




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