Côte d’Ivoire : Vers la mise en œuvre du projet régional autonomisation des femmes et dividende démographique

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) – Approuvé en décembre 2014 par le conseil d’administration de la Banque mondiale avec un financement total de 170,2 millions de dollars américains, le projet régional relatif à l’autonomisation des femmes et au dividende démographique entre dans sa phase d’exécution en Côte d’Ivoire, pays bénéficiaire, avec la signature d’un accord de financement d’un montant de 30 millions de dollars.

La ministre ivoirienne chargée de l’Economie et des Finances, Mme Nialé Kaba, qui a signé l’accord de financement, le 2 avril dernier avec le directeur des opérations de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, a souligné que ce projet régional s’inscrit donc pleinement dans le cadre de la dynamique de promotion du dividende démographique entreprise par le gouvernement à l’effet de replacer la population au centre des trajectoires de développement en Côte d’Ivoire et ainsi lui permettre de capitaliser sur sa démographie dans la perspective d’une croissance économique soutenue et inclusive.

Selon la Banque mondiale, initiatrice du projet régional de l’autonomisation des femmes et le dividende démographique, il vise à accroître l’offre de services de santé génésique dans l’ensemble de la sous-région et à les rendre financièrement plus abordables.

Le projet prévoit également de renforcer les centres de formation destinés aux sages-femmes travaillant en milieu rural, d’améliorer les services de soins infirmiers et de promouvoir l’échange de connaissances sur les initiatives en faveur des adolescentes.

Pour le vice-président région Afrique de la Banque mondiale, Makhtar Diop, l’élimination de la pauvreté et l’accroissement de la prospérité des familles passent par l’amélioration de l’accès des femmes aux services de santé et l’éducation des adolescentes.

"Il est impératif d’atteindre ces objectifs dans les pays du Sahel où les taux de natalité sont parmi les plus élevés au monde. L’amélioration de l’accès aux services de santé maternelle et infantile, ainsi qu’aux services de planning familial, permettra de créer des perspectives économiques pour les femmes et filles de la région", a-t-il relevé.

En Côte d’Ivoire, l’exécution de ce projet sera assurée par l’Office national de la population (ONP), un établissement public national à caractère administratif créé en février 2012.

Avant la mise en œuvre du projet, les défis pour la Côte d’Ivoire se résument en un retard dans le processus de transition démographique, une forte croissance démographique et un indice synthétique de fécondité estimé à cinq enfants par femme selon les résultats de l’enquête démographique et de santé réalisée en 2012.

Financé par l’Association internationale pour le développement (IDA), le projet sera étroitement coordonné avec le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), la Fondation Bill et Melinda Gates et d’autres partenaires de développement. Il renforcera l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), le service chargé des questions de santé au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Ce projet régional sera mis en œuvre dans six pays que sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Il a été conçu après la visite conjointe au Sahel du président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, et du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon en 2013.

La Banque mondiale s’était alors engagée à débloquer 1,5 milliard de dollars pour financer les priorités de la région en matière de développement, telles que la mise en place de dispositifs de protection sociale pour aider les familles à résister aux pires effets des fléaux économiques et naturels, le développement des infrastructures et la création d’opportunités économiques pour les familles vivant en milieu rural.

De multiples obstacles entravent le développement de la région du Sahel : une croissance insuffisante et des opportunités économiques limitées, la rigueur du climat, des taux de fécondité élevés et la mortalité maternelle et infantile la plus élevée au monde.

Les 170,2 millions de dollars alloués au projet de la Banque mondiale seront répartis de la façon suivante : un crédit de 20 millions de dollars et un don de 10 millions de dollars en faveur de la Côte d’Ivoire, un crédit de 40 millions de dollars pour le Mali, un crédit de 53,5 millions de dollars au profit du Niger, un don de 26,7 millions de dollars au Tchad, un don de 15 millions de dollars à la Mauritanie et un don de cinq millions de dollars à la CEDEAO.

-0- PANA BAL/TBM/SOC     09avril2015

09 avril 2015 22:33:37




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