Côte d'Ivoire : La Somalie, pays le plus dangereux pour les journalistes, selon le CPJ

Abidjan, Côte d'Ivoire (PANA) - L'indice mondial de l'impunité pour l'année 2017 du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) publié mardi, classe la Somalie en tête des pays les plus dangereux pour les journalistes, indique un communiqué transmis à la PANA.

Le 10e rapport annuel met en lumière les pays où les journalistes sont régulièrement tués et leurs tueurs restent impunis.

La Somalie, classée comme pays le plus dangereux de l’indice, est l’un des sept pays qui figurent chaque année sur la liste compilée par le CPJ depuis une décennie.

Les autres pays de la liste sont l’Inde, l'Irak, le Mexique, le Pakistan, les Philippines et la Russie, - ce qui montre que si l’impunité se développe dans les situations de conflit armé, un grand nombre de journalistes travaillant dans des pays relativement stables qui se targuent d’être des démocraties, sont également assassinés.

Selon cet indice, l’absence de justice pour les journalistes assassinés risque de perpétuer un cycle de violence et d’impunité qui s’étend sur une décennie ou plus.

Selon Elisabeth Witchel, auteure du rapport et consultante du CPJ pour la Campagne mondiale contre l’impunité pour les meurtres de journalistes, "L’impunité étouffe le libre flux des informations dans une société. L’assassinat d’un seul journaliste sans que justice soit faite transmet un message d’intimidation à tous les journalistes : “Faites attention à ce que vous dites ou faites attention à vous !”. Les États qui figurent sur cette liste ne doivent pas tolérer l’impunité, année après année, mais prendre des mesures pour remédier à leur déni de justice".

Cette année, de nouveaux meurtres ont eu lieu dans la moitié des 12 pays figurant sur l’indice. L'Afghanistan ne figure pas, pour la première fois, parce que le nombre d’assassinats ciblés de journalistes a baissé, malgré le fait que les conflits armés et la violence à grande échelle causent toujours la mort de journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions.

La sensibilisation croissante au problème de l’impunité pour les meurtres de journalistes représente tout de même une évolution positive de la situation au cours de cette décennie. Les Nations Unies ont adopté cinq résolutions qui appellent les États à veiller à ce que justice soit rendue (pour les crimes commis contre les journalistes) et cette année marque par ailleurs, le cinquième anniversaire de l’adoption du Plan d'action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité.  

L'indice de l’impunité est publié chaque année pour marquer la journée du 2 novembre, qui est la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes.

Le rapport est calculé en examinant le nombre de meurtres non-élucidés sur une période de dix ans en tant que pourcentage de la population de chaque pays. Le rapport inclut un tableau statistique des rapports par pays et une méthodologie détaillée.

En septembre dernier, le CPJ avait dénoncé un environnement hostile aux journalistes en Somalie, après le décès de Abdullahi Osman Moalim, victime d'une attaque-suicide à la bombe.

Depuis 1992, au moins 62 journalistes ont été assassinés en rapport avec leur métier dont la plupart dans des attaques à la bombe.

-0- PANA BAL/IS/SOC 31oct2017

31 octobre 2017 17:19:36




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