Contributions « obligatoires » de « tous les citoyens » burundais au financement des élections

Bujumbura, Burundi (PANA) - « Tous les citoyens » burundais devront contribuer, dans les limites des revenus financiers de chacun, à un fonds des prochaines élections générales de 2020, affirme  ce mercredi, le ministre de l’Intérieur et de la Formation patriotique, Pascal Barandagiye, qui lève ainsi l’équivoque chez les réticents.

Pascal Barandagiye a rappelé le précédent fâcheux des élections générales de 2015 qui n’avaient pas bénéficié des promesses de financement de la part des bailleurs de fonds traditionnels étrangers qui arguaient du fait qu’elles avaient été organisées en violation des principes et valeurs démocratiques.

Pour ne pas tomber dans le même piège, le ministre a estimé qu’il était du « devoir civique » de chaque citoyen, « petits et grands », de contribuer « obligatoirement » à l’autofinancement des élections au Burundi.

Le ministre, ayant la gestion des élections dans ses attributions, a informé que d’autres précisions allaient suivre sur la part attendue des autres catégories socio-professionnelles de la population burundaise.

En laissant entendre qu’un certain "pourcentage" sera retenu sur les salaires des fonctionnaires de l’Etat et que, pour le reste des citoyens, « on verra quel niveau des contributions et comment contribuer, soit une fois par trimestre, ou alors par an », jusqu'aux prochaines échéances de 2020.

A cet effet,  les responsables administratifs à la base ont été chargés de sensibiliser les citoyens sur le prix à payer pour que les élections restent « l’un des moyens de consolider la démocratie, la paix et la sécurité ».

Auparavant, nombreux étaient les citoyens qui pensaient  à des contributions volontaires, depuis que le chef de l’Etat burundais avait glissé dans son message à la nation, lors du 55ème anniversaire de l’indépendance nationale, le 1er juillet dernier, un appel à l’autofinancement des élections.

Cet appel a ensuite pris forme lorsque récemment le président Nkurunziza s'était présenté à un guichet de la Banque centrale pour déposer sa contribution de 5 millions de francs burundais (un peu plus de 2.900 dollars américains).

Au Burundi, la crise politique ouverte par les précédentes élections générales de 2015, controversées et émaillées de violences, demeure vivace.

A l'époque, un flou juridique avait été mis à profit par le parti au pouvoir pour pousser l’actuel chef de l’Etat à briguer un troisième quinquennat, jugé contraire à la Constitution et à l’Accord inter-burundais d’août 2000, signé à Arusha (Tanzanie), pour la paix et la réconciliation, après une décennie de guerre civile.

A l'heure actuelle, un processus de révision de la Constitution est en cours et nombre d’observateurs prêtent déjà l’intention au président burundais d’avoir pris cette initiative dans le but de se représenter en 2020, non sans risque d’envenimer un climat politique toujours délétère, avise-t-on, notamment du côté des Nations unies, sur la base de "certains signaux".

Le chef de l’Etat a reçu récemment et pris « bonne note » des recommandations d’une Commission de dialogue politique national allant, entre autres, dans le sens de faire sauter, dans la Constitution de 2005 encore en vigueur au Burundi,  le verrou limitatif du nombre de mandats présidentiels.
-0- PANA FB/SSB/IBA 23août2017
  

  

23 août 2017 13:24:00




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