Construire une paix durable est la priorité absolue au Sud-Soudan, selon Salva Kiir

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Construire une paix viable et durable pour le peuple du Sud-Soudan reste la priorité absolue des parties de l'Accord de paix global (APG) de janvier 2005, a déclaré lundi dans la capitale éthiopienne, le président du Gouvernement du Sud-Soudan, le général Salva Kiir Mayardit.  

"Le Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM) et le Gouvernement du Sud-Soudan sont prêts à renouer un partenariat vigoureux avec le National Congress Party (NCP) comme partenaire sur les questions critiques au lendemain du  référendum, notamment la circulation des recettes pétrolières, la citoyenneté, la protection de nos populations et la sécurité frontalière" a dit M. Kiir à la réunion conjointe de haut niveau sur le Soudan.

Tenue en marge du 16ème sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA, la réunion a vu la participation du président du Malawi, Bingu Wa Mutharika,  président en exercice sortant de l'UA, du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, du président de la Commission de l'UA, Jean Ping, du Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, président de l'Autorité intergouvernementale sur le Soudan (IGAD) et d'autres dirigeants africains.

M. Kiir a estimé que les résultats provisoires du référendum organisé au début de ce mois au Sud-Soudan et annoncés le 30 janvier "ont indiqué que la vaste majorité des électeurs ont opté massivement pour la séparation" .

En attendant que le processus de mise en oeuvre de l'APG s'achève, M. Kiir a fait savoir que son peuple attendait que les résultats soient confirmés par les membres de la communauté internationale.  

"Nous devons par conséquent nous préparer aux conséquences de cette décision historique et nous avons maintenant l'occasion de sceller la transition vers une longue ère de paix et de stabilité au Soudan et dans la région", a-t-il poursuivi.

Il a adressé ses remerciements au président soudanais, Omar Hassan al-Bashir et à son parti, le NCP, pour leur détermination à respecter l'issue du référendum et leur soutien au futur Etat du Sud, une fois que le résultat final en faveur de la séparation sera confirmé.  

L'UA est la première organisation à reconnaître les résultats du référendum et l'indépendance du Sud-Soudan.

"Nous pensons qu'une telle reconnaissance est totalement bienvenue, étant donné l'influence prépondérante de l'UA et de l'IGAD, à la fois concernant la conclusion du CPA et sa mise en oeuvre tout au long de la période intérimaire", a dit M. Kiir.

L'APG ou encore Accord de Naivasha, a été signé en janvier 2005 entre le SPLM et le gouvernement du Soudan pour mettre fin à la longue guerre civile dans le Sud, développer la gouvernance démocratique partout dans le pays et partager les revenus tirés du pétrole entre le Sud et le Nord.

"Nous saluons la contribution significative du Groupe de haut niveau de mise en oeuvre de l'UA et le travail sans relâche de son président, l'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki", a dit M. Kiir au nom du peuple du Sud-Soudan, affirmant l'engagement de son gouvernement à finaliser la mise en application totale de l'APG.

"Le règlement des questions en suspens est essentiel au maintien de la stabilité et des progrès partout au Soudan et dans la région" a-t-il estimé, conscient que la finalisation des dispositions post-référendum n'est pas une précondition à l'émergence d'un nouvel Etat au Sud-Soudan.

Assurant que le Sud chercherait à promouvoir tous les aspects de sa relation avec le Nord dans les mois à venir, M. Kiir a noté que "les deux parties peuvent prendre des chemins séparés, néanmoins ils ont une responsabilité conjointe envers tous les peuples du Soudan pour garantir une avenir pacifique et prospère".

"Nous n'avons aucun intérêt à faire renaître les rancoeurs et les divisions du passé. Nous voulons la transformation démocratique du Soudan. Aujourd'hui, les urnes ont triomphé des balles" a constaté M. Kiir, avant d'observer que le souhait le plus sincère du peuple est de parvenir à une coexistence pacifique entre le Nord et le Sud.

Toutefois, il a souligné que la déception du peuple était que le référendum prévu par l'APG sur la région d'Abyei riche en pétrole n'a pas eu lieu.

M. Kiir a promis l'engagement de son gouvernement à ne pas dévier de son cap, à travailler de concert avec le NCP et les communautés locales dans la zone d'Abyei, en vue de sortir de l'impasse dès que possible.

Pour sa part, il a jugé que deux issues étaient possibles : "organiser un référendum conformément aux dispositions du CPA ou procéder à un transfert administratif d'Abyei au Sud par décret présidentiel".  

M. Kiir a également rassuré les communautés de pasteurs nomades du Soudan, les Messeriya en particulier, que le Sud était engagé à respecter et à protéger leurs droits au pâturage, soulignant que "leurs leaders doivent comprendre que ces droits seront garantis".

Outre Abyei, les régions du Nil Bleu et les Etats de Sud Kordofan, qui sont parties à l'APG  exigent que le SPLM et le NCP coopèrent totalement sur la mise en oeuvre du protocole concernant ces Etats afin de réaliser une paix permanente.

D'après M. Kiir, son nouveau pays respectera et restera attaché aux idéaux de l'UA, promettant que "nous construirons notre unité à travers la diversité et nous continuerons à  tendre la main aux Sud-Soudanais de tous horizons en vue de consolider le nouvel Etat".

-0-  PANA AR/BOS/NFB/TBM/SOC 31janv2011

31 janvier 2011 20:41:28




xhtml CSS