Condé réitère l'opposition de la Guinée à une intervention militaire en Côte d’Ivoire

Paris, France (PANA) – La Guinée ne participera à aucune action militaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en Côte d’Ivoire pour écarter du pouvoir le président sortant, Laurent Gbagbo, et installer dans ses fonctions le président reconnu par la Communauté internationale, Alassane Ouattara, a déclaré mercredi à Paris le chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé.

«Je ne vois d’ailleurs pas pour quelle raison la CEDEAO enverrait des troupes en Côte d’Ivoire. Moi, je suis pour des solutions pacifiques. Aujourd’hui, c’est la population qui paye. Je n’ai pas entendu qu’un ministre a été tué depuis le début de cette crise», a-t-il dit.

S’exprimant à l’issue d’un entretien avec le président français, Nicolas Sarkozy, il a indiqué que son pays entend mobiliser le reste de l’Afrique pour trouver une solution pacifique à la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

«L’Afrique a réussi à résoudre la crise post-électorale au Kenya où il y a eu des affrontements meurtriers sans aucune aide extérieure. Elle peut donc résoudre, avec la même volonté, la crise ivoirienne. Je pense que la solution en Côte d’Ivoire n’est pas d’intervenir militairement», a ajouté le président Condé.

«Il est évident que pour que la démocratie avance en Afrique, il faut que ceux qui perdent les élections acceptent de quitter le pouvoir afin qu’on ne massacre pas la population», a-t-il ajouté.

Evoquant les conséquences de la crise ivoirienne sur son pays, le président Condé a rappelé que près d’un million de Guinéens vivent en Côte d’Ivoire.

«Aujourd’hui, nous avons des milliers de réfugiés ivoiriens à notre frontière, ce qui aggrave notre situation déjà très précaire. Nous devons avoir le courage de poser courageusement le problème ivoirien devant le Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Nous devons envisager de trouver une solution africaine à ce problème africain», a-t-il poursuivi.

La crise ivoirienne et les raids de la coalition internationale sur la Libye sont à l’ordre du jour de l’entretien entre les présidents Condé et Sarkozy.

Le président guinéen est arrivé mardi à Paris pour une visite officielle de 72 heures.

-0- PANA SEI/AAS/SOC 23mars2011

23 mars 2011 19:19:53




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