Clôture du sommet de l'Union africaine

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) – Les dirigeants afri-cains ont clôturé samedi le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA), réuni pendant trois jours, à Addis-Abeba, Ethiopie, après être convenus de prendre des mesures visant à accélérer le processus d'industrialisation du continent et de créer plus d'emplois pour leurs populations, dont le nombre ne cesse de croître.
Même si les décisions arrêtées n'ont pas encore été rendues publiques, le nouveau président en exercice de l'Union africaine (UA), Jakaya Mrisho Kikwete, président de la Tanzanie, a affirmé que la question de l'industrialisation, retenue comme thème de la rencontre au Sommet, est révélatrice de toute l'importance que l'Afrique attache à l'industrialisation.
"Agissons rapidement pour faire ce dont nous avons convenu.
Le temps ne joue pas en notre faveur.
Les populations qui nous ont chargé de la responsabilité de les mener sur la voie du succès et du progrès espèrent que nous allons tenir cette promesse.
Elles veulent des emplois, elles ont besoin d'une vie de meilleure qualité.
L'industrialisation est pour nous une manière d'y parvenir rapidement", a indiqué le chef de l'Etat tanzanien, avant de clôturer la 10ème Session ordinaire de l'Assemblée générale des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA.
De l'avis du président en exercice, les progrès réalisés jusqu'ici en ce qui concerne les débats au cours du sommet sur l'intégration politique et économique de l'Afrique sont encourageants.
"Je suis heureux de voir que vous avez prêté l'attention requise au renforcement de l'Union africaine, comme prévu par le Rapport d'audit de l'UA.
Par conséquent, nous espérons que le Conseil exécutif va rapidement se pencher sur cette question pour faire les recommandations appropriées à soumettre à la prochaine Assemblée générale par le biais du Comité des 12 chefs d'Etat et de gouvernement mis en place par le présent sommet", a-t-il ajouté.
Le Comité mis en place et placé sous la présidence de Kikwete, va également guider le débat sur le projet de gouvernement de l'Union de l'Afrique.
"Il est réconfortant de voir que nous avons pris d'importantes mesures pour donner une forme et un contenu à notre longue marche vers le gouvernement de l'Union.
J'espère sincèrement que le Comité des 12 mènera le débat sur cette question à son terme.
Nous devons tous nous efforcer de faire de telle sorte que ce processus connaisse une apothéose à l'occasion de notre sommet du mois de juillet.
Puisse le Tout-Puissant combler nos vœux!", a prié le président de l'UA.
Pour ce qui est de la question des situations de conflit en Afrique, qui constitue un point récurrent de l'ordre du jour des sommets de l'UA, le président en exercice de l'organisation a exprimé sa satisfaction en raison "des débats francs et ouverts consacrés aux diverses situations de conflit qui déchirent le continent".
Le président Kikwete a cependant souligné qu'il était également douloureux de noter l'existence de points chauds tels que la Somalie, le Darfour et les Comores et qu'il était aussi triste de voir de nouvelles blessures s'ouvrir au Kenya et au Tchad et le sang couler dans ces pays.
"Néanmoins, notre détermination à faire preuve d'esprit d'anticipation dans la recherche de solutions aux conflits en Afrique est réconfortante", a-t-il mentionné.
Soucieux de renforcer la Commission de l'UA et de prendre en charge les principaux défis auxquels elle est confrontée, Jakaya Kikwete a appelé tous les Etats membres à s'attaquer à la question de la mobilisation de ressources suffisantes pour l'organisation.
"Notre budget actuel, qui est financé par les contributions des Etats membres, n'est pas suffisant pour couvrir les dépenses des programmes de fonctionnement et de développement ainsi que les projets de notre organisation", a-t-il déclaré.
Demandant à tous les Etats membres de remplir leurs obligations financières vis-à-vis de l'UA, le président Kikwete a déclaré: "Il est toujours triste de constater, à l'occasion de chaque sommet, que certains membres sont privés du droit d'intervenir parce qu'ils enregistrent plusieurs années d'arriérés de contribution".
Il faut signaler que le président Festus Mogae du Botswana a pris congé de l'Assemblée générale de l'Union africaine, compte tenu de la prochaine organisation d'élections dans ce pays de l'Afrique australe pour élire son successeur.
"Le jour d'aujourd'hui marque la fin de ma collaboration avec l'Union africaine en qualité de président du Bostwana.
Je dois quitter mes fonctions dans deux mois, comme prévu par notre Constitution", a expliqué le chef de l'Etat du Botswana, suscitant les applaudissements de ses pairs.
"En vous faisant mes adieux, je souhaite rappeler que nous avons ensemble relevé de nombreux et difficiles défis.
Dans notre détermination à leur trouver une solution, nous avons travaillé ensemble pour marcher vers notre destin commun.
Dans cet effort, nous avons été accompagnés par les idéaux du Panafricanisme, étant donné que ces derniers sont le fondement de notre intégration.
“L'idée de la création de l'UA avait été rendue nécessaire par la prise de conscience du fait que le monde dans lequel nous vivons connaît de rapides mutations.
Nous devons prendre en charge toute une variété de défis qui nous interpellent, en particulier la mondialisation, la marginalisation, la pauvreté et le changement climatique, ainsi que les pandémies qui menacent notre existence", a ajouté le chef de l'Etat du Botswana.
Dans sa réponse, le président en exercice de l'UA a félicité le président Mogae, qu'il a qualifié de "dirigeant d'une grande intégrité, de leader qui a démontré que la démocratie est une réalité en Afrique".
Le président Kikwete a poursuivi en expliquant que le continent africain connaissait de nombreuses histoires de succès, qui n'étaient pas connues, car ne présentant pas de réel intérêt.
Il a expliqué que certains individus citaient des exemples négatifs pour les présenter comme représentatifs de la situation en Afrique.
"Mais quand vous parlez de l'Afrique, le président Mogae représente l'Afrique que nous connaissons”, a-t-il relevé.
Se tournant ensuite vers le président sortant de la Commission de l'Union africaine, le Professeur Alpha Oumar Konaré et son adjoint, Patrick Mazimhaka, le président Kikwete a déclaré: "Il est difficile d'imaginer la Commission de l'UA sans Konaré.
Si je dis cela c'est en raison des vos remarquables services, votre passion, votre diligence et votre dévouement pour la cause du continent africain, en général et de l'UA, en particulier.
"Vous laissez sur le continent une empreinte qui restera pendant de nombreuses années encore dans les mémoires de bon nombre d'entre nous".
Dans le même ordre d'idées, le nouveau président en exercice de l'UA a salué les commissaires sortants pour la qualité du travail accompli.

02 février 2008 19:02:00




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