Clôture de la réunion de suivi de la conférence sur le racisme

Londres- Royaume Uni (PANA) -- Une réunion pour le suivi de la récente Conférence Mondiale des Nations Unies Contre le Racisme (CMCR), qui s'est tenue dernièrement à Durban, en Afrique du Sud, a pris fin mercredi à l'Africa Centre à Londres.
La plupart des participants se sont déclarés satisfaits des des assises de Durban, en dépit du retrait des délégations américaines et israéliennes avant la fin de la conférence.
Cette réunion, qui était présidée par le directeur de l'Africa Centre, Adotey Bing, a cherché à savoir si oui ou non la conférence de Durban "a tenu ses promesses pour l'Afrique et les populations d'origine africaine".
M.
Bing a indiqué que cette réunion visait, entre autres, à passer en revue les attentes de l'Afrique par rapport à la façon dont le reste du monde, particulièrement l'Europe, considérait les résultats de la conférence, des décisions prises, leurs implications pour l'Afrique, l'identification de la tâche à accomplir et les stratégies à adopter pour aider à la réalisation de ces bjectifs.
Cheryl Carolus, le Haut-Commissaire sud-africain au Royaume- Uni, a déploré la situation du racisme avant 1994 quand la discrimination institutionnalisée et légalisée avait pris fin dans son pays.
Mais il s'est empressé d'ajouter que le racisme était seulement un des éléments pléthoriques de la discrimination dans la plupart des sociétés.
Sur la question des réparations, Linda Bellos du Mouvement africain pour les réparations, a raillé le principe qui consiste à répondre aux arguments en faveur de la réparation uniquement en termes d'argent.
"Nous savons que ce qu'on appelle la dette est un diktat des forces impérialistes qui se consacrent, surtout à l'achat d'armes", a dit Bellos, ajoutant qu'une des questions qui la passionnait le plus était la nécessité de rendre tous les objets fabriqués en Afrique, mais déportés ailleurs.
Le terme "réparations" a plusieurs significations - d'où la "nécessité de réparer les erreurs humaines du passé", a-t-elle souligné.
En s'exprimant dans le cadre de ce qu'elle a appelé "une perspective pan-européenne", Sukhvinder Stubbs s'est légèrement démarquée de cette conception des réparations.
Mme Stubbs, qui préside le Réseau européen contre le racisme, a comparé le fonds du Plan Marshall, accordé par l'Amérique à l'Europe Occidentale au lendemain de la seconde guerre mondiale à ce qu'elle a appelé la Nouvelle Initiative de l'Union éuropéenne (UE) consistant à injecter des sommes d'argent importantes en Afrique.
"C'est un programme global d'investissement dans des projets en Afrique.
Mais je pense que la question des réparations et cette nouvelle initiative de l'UE doivent être séparées.
Evidemment, les gouvernements européens vont investir en Afrique et dans d'autres régions du monde, mais ils ne vont pas lier ces investissements à la question des réparations", a fait observer Mme Stubbs.
De loin, le participant à la réunion, qui s'est révélé le plus optimiste sur la conférence de Durban a été Ahmad Fawzi, le directeur du Centre d'Information de l'ONU.
Il a déclaré: "Malgré les perturbations à Durban et les obstacles au bon déroulement de la conférence.
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le sentiment est qu'elle a eu une conclusion heureuse".
"La reconnaissance des injustices historiques - l'esclavage et d'autres injustices - qui ont de façon indéniable contribué à la pauvreté, au sous-développement, à la marginalisation, à l'exclusion sociale, aux disparités économiques, à l'instabilité, et à la reconnaissance du sort des Palestiniens - constitue un pas en avant".
M.
Fawzi a ajouté que, en dépit du retrait des Etats-Unis et d'Israël, la conférence pouvait toujours être considérée comme un succès.
"Un des résultats importants de cette conférence est le mandat accordé au secrétaire général de l'ONU (Kofi Annan) pour la nomination d'un comité de cinq personnalités éminentes pour la supervision et le suivi de la déclaration du programme d'action", a-t-il dit.
Mais le fonctionnaire de l'ONU s'est empressé d'avertir qu' il était important de voir comment les délégations au niveau de l'Assemblée générale allaient traiter le texte adopté à Durban, si elles étaient prêtes à appliquer les accords passés ou si les forces politiques en action à Durban seront toujours présentes à l'Assemblée générale et ou à la conférence de la Commission des Droits Humains prévue en 2002.

27 septembre 2001 12:47:00




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