Cinquante victimes des attaques au Nigeria enterrées dans une fosse commune

Lagos, Nigeria (PANA) - Les corps de 50 victimes non réclamés des attaques de vendredi à Kano, dans le Nord du Nigeria, ont été enterrés mardi dans une fosse commune.

Les dépouilles ont été transportées dans deux camions de l'hôpital Murtala Mohammed, à Kano, au village de Kalebawa, situé sur l'axe Kano-Danbatta, où elles ont été inhumées dans une fosse commune, rapporte ce mercredi la presse locale.

Les corps des personnes identifiées ont été réclamés à la morgue par leurs parents.

Selon la Police, 185 personnes ont été tuées dans ces attaques contre des commissariats de Police, les bureaux des services de renseignement (SSS) et les services d'immigration (NIS), mais la presse locale fait état de plus de 250 morts, en s'appuyant sur des investigations indépendantes.

Depuis le lancement de sa campagne de violence en juillet 2009, la secte islamiste Boko Haram a tué 935 personnes dans plus de 160 attaques séparées, d'après l'organisation internationale de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch.

Par ailleurs, le chef de l'armée nigériane, le général de Corps d'armée, Onyeabo Ihejirika, a déclaré que le gouvernement ne négociera pas, sous n'importe quelle condition, avec Boko Haram.

S'exprimant mardi lors d'une cérémonie officielle organisée à Abuja, il a dit que le gouvernement croit que la guerre contre le terrorisme ne peut être remportée par la négociation.

"Quelles que soient les mesures que nous mettons en place, nous n'aurons pas le meilleur résultat et le résultat le plus rapide possible si la société dans son ensemble ne rejette pas le terrorisme. Ceux qui tentent de justifier les actes de terrorisme soutiennent involontairement les terroristes. Et certains le font avant de découvrir qu'on ne peut négocier avec les terroristes et gagner", a estimé ce dernier.

Toutefois, le Prix Nobel de littérature nigérian, Wole Soyinka, a déclaré que le gouvernement finira pas appeler à un dialogue national impliquant toutes les ethnies pour ajuster les fondements de leur coexistence future, notamment face à l'aggravation des attaques de Boko Haram.

"Nous pouvons même supprimer le mot "souverain", mais un dialogue national est nécessaire. S'il n'y a pas de dialogue, il y aura un monologue, une série de monologues qui est mortelle. Déjà, nous subissons une forme de monologue déstabilisatrice et confuse. Elle affecte tous les secteurs; elle nous parvient jusqu'ici, elle a déjà infiltré le Sud".

"C'est l'un des aspects les plus effroyables du monologue que nous subissons dans notre histoire... Donc c'est soit un dialogue soit une série de monologues dans laquelle les gens utilisent leur propre méthode. Dans le dialogue, il y a un seul langage, dans le monologue on a le langage des Kalashnikovs, des détonateurs, des AK-47, etc.", a-t-il déploré.
-0- PANA SEG/NFB/JSG/IBA  25jan2012

25 janvier 2012 10:53:31




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