Charm El Cheikh ou l'avenir du projet du gouvernement africain

Charm El Cheikh- Egypte (PANA) -- Les initiatives en faveur de la formation d'un gouvernement d'union de l'Afrique en sont à un tournant décisif, alors que l'on attend que les dirigeants africains l'entérinent ou la mettent au placard une bonne fois pour toutes, a indiqué la Commission de l'Union africaine (UA) à Charm el Cheikh, qui abrite à partir du lundi le sommet des chefs d'Etat de l'UA.
Si l'idée est retenue, on assistera à un fait sans précédent, à savoir que les Etats africains vont former une union politique pour la réalisation de certains objectifs.
Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a indiqué samedi que les efforts pour parvenir à l'unité politique ultime de l'Afrique restent un sujet de division, mais il s'est déclaré optimiste sur le fait qu'une "solution crédible" était sur le point de mettre fin à des années de débat sur cette question.
"Ce sera une union d'Etats souverains", a déclaré M.
Ping alors que les dirigeants africains se préparent à débattre sur la formation d'un gouvernement continental pour l'Afrique, qui les a divisés en deux camps, certains ayant opté pour son report.
Le guide libyen Mouammar Kadhafi a récemment encouragé les chefs d'Etat africains à poursuivre l'objectif de l'unité continentale et fustigé le camp de ceux qui prônent une formation progressive d'un gouvernement d'union, en déclarant que leur intention était de retarder la sortie de l'Afrique de la pauvreté.
"Deux camps aux divergences notables se sont distingués et leurs points de divergence sur la feuille de route pour l'unité politique ont été enregistrés", a déclaré M.
Ping à la presse.
Cependant, le président en exercice de l'UA, le Tanzanien Jakaya Kikwete, qui présidait les débats destinés à trouver un terrain d'entente entre les deux tendances sur la formation d'un gouvernement fédéral pour le continent, a indiqué que la question qui se posait était celle d'un calendrier pour la formation de ce gouvernement, mais pas de savoir s'il fallait le former ou non.
"La seule divergence essentielle réside entre ceux qui veulent la formation immédiate du gouvernement de l'UA et ceux qui privilégient une approche progressive", a expliqué M.
Kikwete.
"Il a indiqué que les deux positions divergentes devaient être réconciliées avant que le continent puisse poursuivre son agenda, qui est sur la table depuis 2005".
M.
Ping a indiqué que les 12 chefs d'Etat réunis en Tanzanie pour élaborer un cadre viable pour le projet d'unité du continent étaient parvenus à des conclusions qui pourraient être "sans précédent" pour l'organisation.
"Le gouvernement d'union sera formé par des Etats souverains.
Cette décision doit désormais être approuvée ou rejetée par les Etats", a déclaré M.
Ping aux journalistes.
Il a indiqué que la feuille de route vers le gouvernement d'union était passée de la réflexion sur le calendrier de sa mise en oeuvre à des "fondamentaux et points de référence" sans donner de dates d'exécution précises.
Ce qui suggère que les pays peuvent devenir membres du gouvernement d'union après avoir rempli une série de critères fixes et avoir atteint certains objectifs, qui pourraient être basés sur un minimum de qualifications, comme l'adhésion à une culture démocratique et le respect des droits humains.
M.
Ping a indiqué que les Etats étaient parvenus à un certain consensus sur la formation du gouvernement d'union, particulièrement sur les questions relatives au commerce.
"Il y a des points de convergence mais il reste également quelques divergences", a-t-il réaffirmé, en indiquant que la question du renforcement des Communautés économiques régionales (CER) serait abordée dans le cadre du nouveau cadre d'unité politique, sans donner de calendrier.

28 juin 2008 18:42:00




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