Centrafrique : L’ONU agite l’épouvantail de la justice, mais s’en remet au dialogue avec les auteurs des atrocités

Bangui, Centrafrique (PANA)   – Le Conseiller Spécial du Secrétaire général de Nations Unies pour la prévention du génocide, Adama Dieng, a tenu ce mercredi, un langage de fermeté à l’issue d’une visite de cinq jours en République centrafricaine (RCA), pour avertir que "tout individu responsable d’atrocités criminelles, ou d’incitation à les commettre, devra tôt ou tard assumer la responsabilité pénale de ses actes, et faire face à la justice nationale ou internationale".

Adama Dieng, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse à Bangui, a condamné "l’instrumentalisation et l’incitation à la haine ethnique et confessionnelle menées par les groupes armés et milices, ainsi que par les hommes politiques complices, pour asseoir leur contrôle territorial, mobiliser des combattants ou étendre leurs prédations aux propriétés privées, ainsi qu’aux ressources économiques du pays".

La mission du Conseiller Spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la prévention du génocide apparaissait indispensable à un moment où la situation des droits de l'homme en Centrafrique était devenue inquiétante, en raison de la récurrence des violations et abus de droits de l'homme et du droit international humanitaire imputés aux différents groupes armés et dont sont victimes les populations civiles.

Cette situation était particulièrement marquée par les attaques contre les populations civiles, personnes déplacées et personnels humanitaires, les exécutions extra-judiciaires et arbitraires, les menaces de mort, les traitements cruels, inhumains et dégradants, le viol, la violence sexuelle et sexiste, les arrestations et détentions arbitraires, les enlèvements, le travail forcé, l’enrôlement des enfants-soldats et la destruction ou l'expropriation de biens appartenant aux populations civiles.

Au cours de sa mission, Adama Dieng a été reçu par le chef de l’Etat et le président de l’Assemblée nationale, et s’est entretenu avec le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement, mais également avec des acteurs politiques, des leaders religieux et communautaires, des représentants de groupes armés, de la société civile et des médias, ainsi que des victimes, précise un communiqué rendu public par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).

Au regard du souhait formulé par toutes les victimes, à savoir,  "vivre ensemble dans la paix et l’harmonie avec tous les Centrafricains", le Conseiller Spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la prévention du génocide confie avoir "mobilisé les autorités, acteurs nationaux, victimes et partenaires internationaux, afin d’ouvrir un dialogue quant aux mesures urgentes, concertées et coordonnées à adopter pour faire cesser la violence, apaiser les tensions inter-communautaires et soulager les souffrances des populations civiles".

Dans la liste des parties impliquées dans ce dialogue, figurent paradoxalement "les représentants des groupes armés", auteurs "en toute impunité des atrocités criminelles commises dans l’arrière-pays" et dont "la gravite et l’ampleur" n’ont pas échappé aux constats de M. Adama Dieng, durant sa visite en Centrafrique.
-0- PANA SSB/IS/SOC 11oct2017

11 october 2017 16:06:27




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