Célébration de la Journée internationale de la presse au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - La Journée internationale de la liberté de la presse a été célébrée, mercredi, pour la seconde année consécutive, dans un contexte général encore marqué par les pesanteurs d’une violente crise politique qui n’a pas épargné la corporation journalistique, s’accorde-t-on à dire à la Maison de la presse de Bujumbura et lieu des cérémonies, dans la capitale burundaise.

Aucune action d'éclat n'a marqué la demi-journée, contrairement aux festivités d'avant la crise qui s'étalaient généralement sur une semaine, avec diverses activités intellectuelles et sportives pour célébrer une profession dont la sous-région enviait le Burundi.

La présidente de la Maison de la presse, Mme Denise Mugugu, avait tenu, la veille, à préciser qu'il n'y aurait pas de marche-manifestation dans la rue pour se concentrer plutôt sur une réflexion en salle au sujet de l'état des lieux de la profession et les perspectives d'avenir.

S'agissant de l'état des lieux, autour de 100 professionnels des médias privés indépendants manquaient, cette année encore à l’appel, pour avoir pris le chemin de l’exil à l’étranger par peur pour leur sécurité, selon les chiffres de l’Union burundaise des journalistes (Ubj).

Par ailleurs, trois des cinq principales radios et télévisions privées indépendantes d’avant la crise ne sont toujours pas autorisées à réémettre, accusées d’avoir joué le jeu des mutins de 2015, en leur ouvrant grandement les micros pour revendiquer une tentative de putsch militaire manqué contre le pouvoir.

Concernant les perspectives d'avenir, les pouvoirs publics, de leur côté, soutiennent que la liberté de la presse sera toujours garantie à tous ceux qui souscrivent aux règles d’éthique et de déontologie journalistiques et qui travaillent dans le sens de la consolidation de la paix.

L’édition 2017 du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) fait du Burundi un cas particulièrement sévère « où l’information n’a pas droit de cité ».

Le rapport se base sur le quotidien des journalistes qui « peinent à travailler librement et sont régulièrement harcelés par les forces de sécurité, encouragées par un discours public qui associe les médias non alignés à des ennemis de la nation».

Par ailleurs, la disparition, en juillet 2016, du journaliste Jean Bigirimana n’a toujours pas été élucidée, déplore le même rapport qui indexe encore les autorités burundaises sur des convocations de directeurs de rédaction pour «corriger» certains reportages.

Reporters sans frontières s’intéresse également au sort des dizaines de journalistes qui se trouvent aujourd’hui contraints à l’exil, certains, accusés d’être des «putschistes» sous le coup de poursuites pénales.

Pour combler le vide, «des réseaux sociaux, à la fois outils de travail des journalistes et sources d’informations, ont pris le relais des radios muselées, sans pour autant être un rempart contre les tentatives, nombreuses, de désinformation».
-0- PANA FB/IS/IBA 03mai2017

03 mai 2017 14:03:17




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