Burundi: le nouvel Ombudsman jure « obéissance » à la Constitution

Bujumbura, Burundi (PANA) - Le nouveau Médiateur de la République, ou Ombudsman, Edouard Nduwimana, est entré officiellement en fonction pour un mandat de six ans, mardi, sur un serment de « fidélité » au chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza et d’«obéissance » à la Constitution dans une cérémonie haute en couleurs au Palais des congrès de Kigobe et siège central de l’Assemblée nationale.

Des membres du gouvernement, ceux du Parlement ainsi que certains représentants du corps diplomatique et consulaire ont pris part à la cérémonie, sur fond de fanfare militaire.

C’est le second personnage du pays, après le sortant, Mohamed Rukara, à occuper cette importante fonction prévue par l’accord d’août 2000, à Arusha, en Tanzanie, ayant mis fin à la guerre civile à caractère ethnique de 1993 à 2003.

Ce n’est par contre pas un premier venu en politique puisqu’il occupait jusqu’à ses nouvelles fonctions, la troisième position au bureau de l’Assemblée nationale.

Au niveau de l’Exécutif, le juriste de formation a eu à occuper le poste de ministre de l’Intérieur ayant notamment, dans ses attributions, la gestion des organisations à caractère politique et civile.

Au lendemain de l’élection du nouveau médiateur de la République, des voix se sont élevées dans les milieux de l’opposition et de la Société civile pour critiquer l’ancien ministre de l’Intérieur qui les a muselés en son temps et pour douter de son impartialité à la tête de l’institution d’Ombudsman.

D’autres partis proches de la mouvance présidentielle ont rivalisé de félicitations au nouveau Médiateur de la République issu du parti au pouvoir.

Les simples citoyens, quant à eux, disaient attendre du nouveau Médiateur une « valeur ajoutée » dans le règlement des conflits pouvant les opposer aux pouvoirs publics et aux tiers, conformément à la principale mission dévolue à l’institution de l’Ombudsman.

Au Burundi, les juridictions classiques ne font pas l’unanimité et nombreux sont des citoyens ainsi que des rapports qui les accusent de « lenteurs, de manque d’indépendance et de corruption » dans certains cas.

Les conflits fonciers ont occupé plus de 60% des dossiers que l'Ombudsman sortant a eu à traiter au cours de son mandat unique de six ans à la tête de l'institution.

Les mêmes conflits fonciers représentent globalement 85% des dossiers les plus traités par les juridictions classiques dans un pays densément peuplé de plus de 11 millions d'habitants pour une superficie réduite à moins de 30.000 kilomètres carrés.
-0- PANA FB/BEH/IBA 22nov2016




22 novembre 2016 14:33:11




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