Burundi : le président Nkurunziza annonce son départ du pouvoir en 2020

Bujumbura, Burundi (PANA) - Le chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, a annoncé, jeudi, lors d'une cérémonie de promulgation d’une nouvelle Constitution, qu'il ne sera pas candidat à sa propre succession en 2020, année d'expiration de son troisième mandat dont la légitimité et la régularité avaient été contestées dans la rue, en 2015, y compris dans le camp du pouvoir.

« Je l’avais déjà annoncé lors des cérémonies d’investiture, en 2015 et répète aujourd’hui encore qu’un vrai homme se retourne dans son lit et non contre la parole donnée », a-t-il appuyé son engagement, par cet adage en kirundi, la langue des Burundais.

« Je soutiendrai avec toutes mes forces et convictions le président élu en 2020 », s’est-il solennellement engagé dans son message à la nation encore ponctué d’assurances aux institutions élues en 2015 à aller au terme de leur mandat, également jusqu'en 2020.

Pressé de toute part, depuis qu’il a brigué un troisième quinquennat controversé, en 2015, le président Nkurunziza cède au « réalisme politique », de l’avis général des analystes sur le Burundi.

L’opposition radicale était sur le pied de guerre depuis 2015 pendant que ne cessait de monter la grogne au cœur même du pouvoir face à l’enlisement de la crise de plus de trois ans.

La situation socio-économique d’un pays largement dépendant de l’extérieur devenait également de plus en plus intenable à cause du gel de la coopération internationale.

L'offre de renoncer à terme au pouvoir risque néanmoins de paraître insuffisante aux yeux de l'opposition et de la Communauté internationale qui pressent dans le sens d'un dialogue inclusif pour une solution durable à la crise burundaise.

Depuis la tribune du Conseil de sécurité, l’Envoyé spécial des Nations unies au Burundi a pris « acte» des résultats du référendum, tout en appelant les autorités du Burundi à envoyer un «signal fort» en faveur de la reprise du dialogue politique, cette fois, en prévision des élections générales de 2020.

«Maintenant que le pays s’achemine vers une autre phase importante de son histoire, nous attendons un signal fort des autorités en faveur de la reprise du dialogue inter-burundais sous l’égide de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE)», a-t-il insisté devant le Conseil de sécurité.

Pour le diplomate onusien, un dialogue inclusif reste «la seule voie de règlement durable des défis politiques, socio-économiques et humanitaires auxquels le Burundi fait face depuis 2015».

«Si tel n’était pas le cas, il est à craindre que la contestation des résultats du référendum par l’opposition ne polarise davantage une situation politique déjà tendue», a-t-il avisé, en rappelant que, déjà, au Burundi, «on constate des jets de grenades isolés et des découvertes de corps sans vie, y compris d’individus en tenue militaire».
-0- PANA FB/BEH/IBA 07juin2018

07 juin 2018 14:21:36




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