Burkina Faso: des patrons de presse dénoncent un procès en diffamation intenté par des magistrats contre un journaliste

Ouagadougou, Burkina Faso (PANA) - L’Union de la presse indépendante du Faso (UNPIF) a dénoncé, mercredi, dans une déclaration, le procès en diffamation intenté par le Conseil supérieur de la magistrature contre le journaliste Lookman Sawadogo, directeur de publication du journal "Le Soir", pour avoir publié un article portant sur des soupçons de corruption de certains magistrats.

Les patrons de presse déplorent vivement la procédure telle qu’engagée par les membres de la Commission d’enquêtes du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) sur les cas de corruption dans la magistrature contre le journaliste Lookmann Sawadogo et lancent un appel à tous les journalistes, aux citoyens et aux démocrates à apporter leur soutien aux journalistes menacés et intimidés dans l’exercice de leur profession où qu’ils se trouvent.

Dans la déclaration, ils réaffirment leur soutien au journaliste Lookmann Sawadogo «dont le cas apparaît comme une tentative de museler les médias au regard du fait qu’en plus de ses fonctions au journal "Le Soir", il anime l’émission de débats  Presse Echos  de la télévision privée BF1».

Appelant les acteurs du système judiciaire au Burkina Faso à se mettre à la hauteur des enjeux, les partons de presse estiment que les «incohérences de la procédure, la disproportion entre la qualité des plaignants (6 hauts magistrats contre un journaliste), ainsi que la distorsion notoire de la procédure utilisée (code pénal au lieu de la loi sur la presse), indiquent clairement la volonté d’abattre la cible désignée en la personne du journaliste Lookmann Sawadogo».

«Le procès ainsi engagé vient en contradiction flagrante de la longue lutte engagée par les organisations de défense de la liberté de presse et d’opinions qui a abouti au vote des lois sur la presse au Burkina Faso», regrette la déclaration.

Pour les signataires de la déclaration, le fait est d’autant plus inique que ceux-là même qui accusent sont d’une part des praticiens aguerris en matière d’application des lois du Burkina Faso et d’autre part dans une situation manifeste de conflits d’intérêts puisque l’un d’eux est chargé de la défense des intérêts d’un média important de la place.
-0- PANA NDT/IS/IBA 26juil2017


26 juillet 2017 14:35:16




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