Bonne gouvernance: Le Ghana se pose en vitrine de l'Afrique

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Les principes de l'Afrique en matière bonne gouvernance ont permis au Ghana de soutenir la comparaison avec les meilleurs sur le continent en la matière, tout en procédant à de profondes réformes institutionnelles afin de corriger les imperfections identifiées lors des précédentes évaluations, a-t-on appris mercredi du chef de l'Etat ghanéen.
C'est grâce à sa forte croissance économique, au renforcement de sa monnaie locale, le cedi et à sa solide démocratie, que le Ghana a rejoint les rangs des pays africains à revenu intermédiaire, a déclaré le président John Agyekum Kufuor, à Addis-Abeba.
Le président du Ghana, par ailleurs président en exercice de l'Union africaine (UA), a affirmé qu'Accra "avait pris le taureau par les cornes" en s'attaquant à ses difficultés économiques, préconisant des réformes institutionnelles urgentes et réformant son marché boursier en un temps record, pour garantir le respect des règles de la bonne gouvernance.
S'exprimant à l'occasion d'un forum des dirigeants africains sur la bonne gouvernance, organisé sous les auspices du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP), le président Kufuor a expliqué que les diverses insuffisances identifiées au cours des évaluations précédentes avaient été prises en charge par le biais de réformes institutionnelles.
Les politiciens, les ministres et les hauts fonctionnaires ghanéens ont été soumis à un contrôle, tandis que le rôle du Parlement dans la lutte contre l'utilisation abusive des ressources publiques a été mis en exergue par le respect strict des règles de la transparence, a déclaré le président Kufuor.
“Le MAEP nous incite à être un gouvernement à l'écoute.
Nous avons bénéficié d'un potentiel créatif pour faire croître notre économie et le MAEP nous a fourni la règle pour mesurer nos réalisations”, a déclaré le chef de l'Etat ghanéen à ses pairs, au cours de la rencontre d'une journée.
Le Ghana, premier pays du continent à avoir passé le test de la bonne gouvernance du MAEP, par lequel les Etats sont soumis à une évaluation en termes de transparence économique, sociale et politique, a indiqué qu'il avait pris des mesures pour redresser les défauts qui avaient été signalés.
Le président Kufuor a encore expliqué que les efforts consentis pour combler les faiblesses institutionnelles de l'organisation avaient permis d'importantes avancées, avec la nomination de nouveaux personnels judiciaires, notamment de juges, pour traiter les dossiers qui s'accumulent dans les tribunaux et l'abrogation des lois répressives contre les médias.
“Le gouvernement a abrogé des lois pour permettre aux médias de travailler en toute liberté.
Nous avons également ouvert un espace à la Société civile, pour qu'elle puisse mener ses activités librement, mais nous sommes encore préoccupés par les influences étrangères, qui représentent souvent des intérêts étrangers”, a mentionné le chef de l'Etat ghanéen.
La stabilité du Ghana a aussi permis à ce pays d'améliorer considérablement sa notation financière, tandis que ses efforts visant à prendre en charge les insuffisances infrastructurelles à plus long terme ont largement bénéficié de l'appel à emprunt lancé à la Bourse de Londres, appel qui avait permis de collecter 750 millions de dollars US.
“Cette euro-obligation a enregistré une sursouscription de 3 milliards de dollars et nous avons dépensé une partie de cette somme pour financer la modernisation de notre système ferroviaire, qui était dans un était déplorable”, a précisé le président Kufuor.
Le chef de l'Etat ghanéen, qui s'exprimait ainsi au cours d'une séance à huis-clos, mais à laquelle la PANA avait été admise, a déclaré à ses collègues, parmi lesquels le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, le président Thabo Mbeki d'Afrique du Sud et le chef de l'Etat ougandais Yoweri Museveni, a donné des précisions sur les réformes entreprises dans son pays.
Il a expliqué que les mesures visant à prendre en charge la question de la distribution des terres et à résoudre les problèmes en suspens avaient été prises par la nomination de juges spécialisés chargés de trancher les litiges fonciers, tandis que les faiblesses institutionnelles constatées au sein du gouvernement ont été rectifiées de diverses manières.
Le Ghana a récemment créé des organismes chargés de gérer le réseau ferroviaire et les ports, tout en dépensant 90 millions de dollars pour réhabiliter le système de chemin de fer.
Le gouvernement a également mis en place des guichets de commerce pour faciliter les activités des commerçants, tout en consentant des efforts pour réformer le système fiscal du pays.
Le président Kufuor a également précisé qu'une partie des mesures prises dans le cadre de la réforme de l'économie avait pour objectif la création de systèmes de taxation plus efficaces, tandis que la question des paiements, en particulier celle de la compensation des chèques, avait été prise en charge par la création de nouveaux modes de paiement.
Les Etats africains accusent encore un retard en ce qui concerne l'utilisation appropriée des technologies visant à rectifier les insuffisances des systèmes de paiement, la majeure partie des transactions se faisant encore sur support papier.
Le président Kufuor a enfin indiqué que le principal défi qu'il restait à relever était celui du maintien de la croissance économique de 6 pour cent, tout en prévenant une éventuelle baisse de la qualité de l'enseignement.

31 janvier 2008 16:12:00




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