Blé Goudé dénonce le rapport de l'ONU et promet une "révolte"

Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- Après le Front Populaire Ivoirien (FPI, parti au pouvoir), c'est au tour de l'Alliance des jeunes patriotes avec à sa tête Charles Blé Goudé de dénoncer et récuser, lundi, le rapport de la Commission internationale d'enquête sur les événements du 25 mars dernier et d'appeler à des actions vigoureuses pour obliger l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire  (ONUCI), à désarmer les ex-rebelles.
Au cours d'une conférence de presse qu'il a animée à Yopougon, un quartier populaire de la capitale économique ivoirienne, le "général" Blé Goudé n'est pas allé du dos de la cuillère pour vilipender le rapport de l'ONUCI.
"Nous récusons ce rapport partial, partiel et parcellaire, qui enlève définitivement le dernier petit crédit qu'on pouvait encore accorder à l'ONU.
Par conséquent, nous exigeons que ceux qui sont venus auditionner les gens ici et non enquêter, soient sévèrement sanctionnés parce qu'ils ont humilié et discrédité l'ONU", a lancé le président de l'Alliance pour le sursaut patriotique.
Selon Blé Goudé, ce rapport est une "compilation de rumeurs" qui tendent à détourner les jeunes patriotes de leur objectif premier, celui du désarmement.
C'est pourquoi, il a lancé un appel à une mobilisation des jeunes et à des actions vigoureuses qui leur permettent d'atteindre cet objectif, avec en pointe, un "méga-meeting qui sera précédé d'une marche sur l'ONUCI" le 29 mai prochain à Abidjan.
"Nous allons donner des jours et des semaines agités à l'ONU, car on est à un stade où ça passe ou ça casse et dans quelques jours, nous allons démontrer notre force de mobilisation à Albert Tévoédjré parce que ni lui, encore moins personne d'autre, n'arrivera à nous intimider.
Et nous allons opposer notre peuple à l'ONU", a menacé  Charles Blé Goudé.
Convaincu que l'ONU "s'est déculottée" dans la gestion de la crise ivoirienne, Blé Goudé a invité tous les jeunes de Côte d'Ivoire, "à offrir à l'ONUCI, la plus grande révolte que l'ONU n'ait jamais connue, en faisant bloc contre elle et en faisant front contre ses décisions arbitraires" avant de lancer l'opération "à chacun son casque bleu" le 29 mai 2004.
   Aussi a-t-il recommandé à ses pairs, de maintenir la pression "pour exiger et obtenir le départ de Albert Tévoédjré".
On rappelle que suite aux violences meurtrières lors de la répression d'une marche interdite de l'opposition le 25 mars 2004 à Abidjan, les autorités ivoiriennes ont demandé et obtenu une commission internationale d'enquête dont les travaux ont pris fin le 28 avril dernier.
Avant la publication officielle des conclusions de ce rapport, Radio France internationale (RFI) en a diffusé le 3 mai, les points saillants, qui font état de 120 morts et 274 blessés et accablent les "plus hautes autorités du pays".

11 mai 2004 10:24:00




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