Bissau: La CEDEAO va régler les arriérés de salaires des soldats

Abuja- Nigeria (PANA) -- En prévision des élections du 28 juin prochain en Guinée-Bissau, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) va immédiatement verser trois mois d'arriérés de salaires aux forces armées de ce pays, a annoncé à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria, ce lundi, le président en exercice de la CEDEAO et chef de l'Etat nigérian, Umaru Yar'Adua.
Le président Yar'Adua a également déclaré que l'organisation fournirait des véhicules et des équipements de communication pour faciliter le processus électoral.
En s'exprimant dans le cadre du 36ème sommet de la CEDEAO qui se tient à Abuja, la capitale nigériane, il a préconisé une mise en oeuvre accéléré des politiques d'intégration du bloc régional pour parer aux effets de la crise économique mondiale, car selon lui, "il est triste de noter que 30 ans après la signature du Protocole sur la libre circulation des biens et services, nous n'avons pas encore levé les obstacles à nos frontières qui continuent à s'opposer à une véritable intégration économique".
Pour lui, "la réalité de la situation économique mondiale actuelle rend impératif notre réengagement dans l'application des protocles d'accord adéquates avec la volonté politique requise".
"Sous ma présidence, nous resterons concentrés sur les impératifs de la stabilité socio-politique et économique et d'une intégration véritable.
Dans ces circonstances, nous devons évaluer la structure actuelle de la Commission de la CEDEAO dans le cadre de notre ambition de disposer d'une Commission compacte, efficace et centrée sur la réalisation de la vision de ses pères fondateurs pour une région pacifique et prospère au plan économique", a déclaré le président Yar'Adua En soulignant que la CEDEAO a mis sur pied deux comités pour se pencher particulièrement sur les questions jumelles de l'énergie et des infrastructures, il a indiqué que la Commission commencerait bientôt à mobiliser les experts pour "des études de faisabilité conformes aux meilleures normes internationales", afin de permettre à la CEDEAO d'avoir accès aux 100 milliards de dollars US promis par le G-20 pour le développement des infrastructures dans les pays en développement et émergents.
Le président a, par ailleurs, révélé que les efforts de la CEDEAO pour la résolution pacifique des crises dans la sous-région avait donné des résultats positifs concernant l'organisation des élections prévues en Guinée-Bissau le 28 juin de cette année et en Guinée- Conakry et en Côte d'Ivoire, ultérieurement.
Le président de la Commission de la CEDEAO, le Dr Mohammed Ibn Chambas, a invité les chefs d'Etat et de gouvernement à s'assurer que tous ceux qui sont derrière l'assassinat de feu le président Nino Vieira de Guinée-Bissau soient traduits en justice pour décourager ceux qui seraient tentés de suivre leur exemple.
"La cruauté de cette mort doit pousser notre communauté à rejeter la violence et l'impunité.
Et c'est la raison pour laquelle la CEDEAO, en collaboration avec la communauté internationale est déterminée à exiger que toute la lumière soit faite sur les circonstances de son assassinat, ainsi que de celui de l'ex-chef d'état-major des armées et encore sur celles d'un candidat présidentiel et ministre de l'Intérieur et d'un ex-ministre de la Défense et de deux de ses adjoints, afin que ces évènements tragiques ne se reproduisent plus dans notre région et que de tels actes ne restent pas impunis dans notre sous-région", a-t-il déclaré.
Le Dr Chambas a déclaré que sans le renforcement du processus d'intégration régionale, aucun Etat membre ne serait en mesure de faire face individuellement à la crise économique mondiale.
Il a expliqué que pour renverser les tendances négatives imposées aux économies de la sous-région, "nos Etats doivent améliorer leurs capacités de production et devenir moins dépendants des recettes des exportations de ressources agricoles et minières brutes".
Le président de la Commission de la CEDEAO a ajouté: "C'est le meilleur moyen de créer des emplois, de stimuler la croissance économique et de s'intégrer dans l'économie mondiale et d'en profiter pour lutter efficacement contre la pauvreté.
Mais ceci ne peut se faire que par l'accroissement considérable des investissements dans des secteurs essentiels de l'économie pour servir de base à la croissance et au développement".
Il a indiqué que le principal facteur qui encouragerait les investissements en Afrique de l'Ouest était la stabilité politique, en ajoutant qu'aucun investisseur ne viendrait dans un pays ou une région empêtré dans des crises politiques ou des conflits.
Les chefs d'Etat du Nigeria, du Togo, du Mali, du Liberia, du Burkina Faso, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire et de la République du Bénin sont présents à ce sommet, tandis que les autres pays memebres sont représentés par leurs vice-présidents.

22 juin 2009 16:55:00




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