Bingu Wa Mutharika pour des CER plus efficaces

Banjul- Gambie (PANA) -- Le président malawite, Bingu wa Mutharika, a proposé des voies et moyens de rendre les Commissions économiques régionales (CER) plus efficaces afin d'accélérer l'intégration africaine.
S'adressant à ses pairs à l'occasion du 7ème sommet de l'Union africaine, à Banjul, en Gambie, M.
Mutharika a indiqué que l'Afrique doit développer et renforcer ses capacités dans les domaines-clé, contrôler et partager ses richesses, accroître les échanges commerciaux intrafricains et développer le transport et les infrastructures de communication.
Il a également énuméré la réorientation du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), le renforcement du dialogue entre les chefs d'Etat et de gouvernement mais aussi parmi les responsables des CER, entre autres propositions.
La rationalisation et l'harmonisation des CER pour aider à faire avancer l'intégration totale de l'Afrique est le thème de ce sommet de deux jours, qui s'est ouvert samedi et auquel assistent plus de 30 dirigeants du continent.
"Pour aller de l'avant, nous devons changer notre façon de voir les choses et engager davantage de consultants locaux au lieu de dépendre des étrangers", a-t-il dit sur la nécessité de renforcer les capacités du continent.
Le président malawite a également déploré que les nombreuses ressources de l'Afrique étaient contrôlées par des étrangers, une situation qui, selon lui, présentait l'Afrique comme un continent pauvre, ajoutant: "l'Afrique n'est pas pauvre.
C'est sa population qui est pauvre".
Concernant les échanges interafricains, M.
Mutharika considère comme "une idée fausse" la croyance selon laquelle les Etats africains ne pouvaient pas commercer entre eux en raison du fait qu'ils produisent les mêmes produits.
"L'obstacle au commerce intrafricain est que nous pensons que les produits européens sont meilleurs que les produits africains", a-t-il martelé, tout en condamnant l'inondation des marchés africains par des produits bon marché.
M.
Mutharika a, par ailleurs, critiqué ses collègues pour s'être rendus plus dans des pays étrangers que dans d'autres nations africaines, expliquant que plus de dialogue entre les dirigeants aiderait à la rationalisation des CER, qui est la question principale à l'ordre du jour des discussions au sommet de Banjul.
Il a également proposé que les responsables des huit CER reconnues par l'UA assistent aux réunions des uns et des autres et y prennent part "en tant que participants et non observateurs".
Les officiels des CER, a noté M.
Mutharika, doivent aussi être autorisés à s'impliquer davantage dans les sommets de l'UA.
"Nous les mettons dans un coin en tant qu'observateurs (durant les sommets de l'UA).
Ils ne participent pas, alors que nous donnons à des étrangers la possibilité de s'adresser à nous.
Je pense que nous devons changer cette situation", a-t-il ajouté.
Globalement, il a dit qu'en dépit des défis, un consensus émergeait concernant la rationalisation et l'harmonisation des REC.
"Aucune option unique ne peut être la panacée.
Nous devons fusionner les options pour atteindre un résultat maximum, grâce à des consultations sans réserve avec les CER et les Etats membres", a-t-il souligné.

02 juillet 2006 14:36:00




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