Bientôt un mois sans signe de vie d’un journaliste indépendant au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Cela va faire bientôt un mois que le journaliste au groupe de presse indépendant «Iwacu», Jean Bigirimana a disparu de la circulation dans des conditions aujourd’hui encore non élucidées, malgré des recherches intenses pour le retrouver dans la région de Muramvya, au Centre du Burundi, où il avait été aperçu pour la dernière fois.

Le temps passe et les chances de retrouver le journaliste encore en vie deviennent de plus en plus minces pour les proches du disparu.

Les deux cadavres repêchés, jeudi, dans une rivière de la région où a mystérieusement disparu le journaliste, focalisent l'attention en dépit des difficultés annoncées de les identifier dans l'état avancé de décomposition où ils ont été trouvés, dit-on de source médicale à Muramvya.

L’un des corps a même été décapité avant d’être abandonné dans la rivière Mubarazi où il a été retrouvé gisant par un groupe de journalistes de Iwacu, partis à la recherche de leur confrère, sur indication de la population locale.

Le second corps a été trouvé, la tête bandée et les pieds liés à une charge en pierres pour mieux le noyer et se trouve également dans un état de décomposition avancée qui risque de compliquer l’identification de son identité exacte, selon les mêmes sources médicales à Muramvya.

Reporters sans frontières (Rsf, une organisation internationale engagée dans la défense des droits des journalistes) demande aux plus hautes autorités burundaises de s’impliquer dans la recherche de la vérité sur les circonstances de la disparition du journaliste qui a laissé dans l'angoisse, une épouse de 28 ans et deux enfants en bas âge.

La crise politique de plus d’un an au Burundi angoisse encore de nombreuses autres familles qui ont vu disparaître des proches du jour au lendemain, dans des conditions souvent non élucidées.

La famille des journalistes, surtout indépendants au Burundi, n’a pas non plus été épargnée par la crise qui a poussé en exil à l’étranger autour d’une centaine d’entre eux par peur pour leur sécurité.

La presse publique a connu également un moment particulièrement tragique consécutif à l’assassinat, dans des circonstances confuses, d’un cameraman de la télévision nationale, Christophe Nkezabahizi, en novembre 2015.

Le journaliste était sur le point de prendre la retraite et a été assassiné à son domicile de Bujumbura, la capitale, en même temps que son épouse, leur fille unique et un neveu.

La prudence reste de mise également pour les journalistes qui travaillent encore au pays, toujours à cause d’une crise politique et des droits humains qui a fortement ébranlé et restreint la liberté de la presse, en particulier et d’expression, en général.
-0- PANA FB/IS/IBA 12août2016

12 août 2016 13:37:26




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