Aucune avancée sur le déploiement des casques bleus au Darfour

Banjul- Gambie (PANA) -- Une réunion organisée dimanche entre le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan et le président soudanais Omar El Béchir, pour trouver une issue à l'impasse dans laquelle se trouve la question du déploiement envisagé des troupes onusiennes dans la région du Darfour, située dans l'ouest du Soudan, n'a pas donné de résultat.
Au cours d'une conférence de presse convoquée à l'issue de cette rencontre, qui s'est tenue en marge du sommet de l'UA, organisé ce week-end, à Banjul, en Gambie, M.
Annan a affirmé qu'il continuera à faire pression pour le déploiement des troupes de l'ONU.
Le Secrétaire général a indiqué que le président soudanais avait accepté de lui soumettre un plan faisant le détail de la position du gouvernement sur cette difficile question.
Bien que le Conseil de Sécurité des Nations Unies ait adopté une résolution sur la nécessité d'intensifier les efforts en faveur du déploiement des casques bleus, le gouvernement soudanais demeure fermement opposé à ce projet.
"J'ai eu des échanges longs et approfondis (avec le président El Béchir) sur la nécessité de renforcer l'AMIS (Mission africaine au Soudan) et de consolider l'accord de paix sur le Darfour", a indiqué le patron de l'administration onusienne.
"Nous sommes convenus que si l'accord doit être mis en œuvre, il faut que les parties ne l'ayant pas encore signé prennent le train en marche", a-t-il déclaré au sujet de l'Accord.
L'accord de paix avait été signé au mois de mai, à Abuja, dans la capitale fédérale du Nigeria, par le gouvernement soudanais et une faction des rebelles du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A).
Une autre faction du SLM/A et du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) a refusé de signer l'accord et tente de s'y opposer.
M.
Annan s'est néanmoins dit optimiste, quant aux perspectives de mise en œuvre de l'accord de paix du Darfour.
"Il n'est pas facile de mettre en œuvre des accords de paix.
Il est beaucoup plus aisé de coucher les choses sur le papier.
Il nous faut travailler avec détermination sur cet accord", a-t-il martelé.
Cependant, M.
Annan a noté que cinq mesures devraient être prises pour faciliter cette mise en œuvre.
Il a expliqué qu'il convenait de faire des pressions pour amener les autres groupes rebelles à signer l'accord, les signataires devraient être encouragés à lancer la mise en œuvre de l'accord et l'AMIS devrait être renforcée.
Le Secrétaire général des Nations unies a également relevé qu'il convenait de mobiliser la communauté des donateurs pour garantir la mise à disposition des ressources nécessaires afin d'aider les personnes déplacées, tout en veillant à la poursuite des efforts visant à assurer le déploiement des troupes de l'ONU.
Sur la question du mandat de l'AMIS, qui expire en septembre 2006, M.
Annan a fait valoir qu'il devait être prorogé jusqu'en décembre, précisant que les ressources seraient mobilisées pour soutenir la force africaine au cours de cette période.
Les 7.
000 éléments de l'AMIS n'ont pas été en mesure de régler la crise, qui avait éclaté en 2003, ou de protéger de manière adéquate les déplacés et les itinéraires empruntés par les convois humanitaires.
La Commission de l'UA a recommandé l'augmentation des troupes de l'AMIS pour les porter à 10.
000 et la modification de son mandat pour lui permettre de faciliter la mise en œuvre de l'accord sur le Darfour.
A la veille du sommet des 1er et 2 juillet, le Conseil de paix et de sécurité avait fustigé les solutions préconisées, en particulier l'interdiction de voyager et le gel des avoirs, pour sanctionner les personnes et groupes opposés à l'accord.
Par ailleurs, le Secrétaire général a annoncé la nomination de l'ancien président tanzanien, Benjamin Mkapa, comme médiateur pour le Zimbabwe.
"(Le président) Mkapa travaille discrètement avec le président (Robert) Mugabe pour aider le Zimbabwe", a affirmé M.
Annan.
Il a également fait part de ses projets de voyage en Sierra Leone et au Liberia aussitôt après le Sommet de l'UA, dans le cadre de ses efforts visant à aider ces pays à retrouver la stabilité.
"Il est important que nous continuions tous à soutenir leur transition vers la paix et la stabilité", a-t-il affirmé.

02 juillet 2006 18:03:00




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