Après la naissance de l'Union, ce qui change et comment

Dakar- Sénégal (PANA) -- Le sacre d'un document juridique surclassant tous les textes antérieurs, l'érection de cinq organes et de six nouvelles institutions panafricaines vont marquer, dans les douze prochains mois, la mutation historique de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) en une Union africaine (UA).
Tels que programmés sur le papier par l'acte constitutif de l'Union, les obsèques de l'OUA et le baptême de l'UA devraient s'étendre sur une période n'excédant pas un an, délai au terme duquel la Charte d'Addis Abeba de 1963 n'aura plus aucun effet.
D'ici là, a appris la PANA, plusieurs mutations vont s'opérer dans l'appellation et le fonctionnement des organes panafricains, au moment précisément où de nouvelles structures et institutions continentales devront progressivement voir le jour.
Du point de vue du leadership d'abord, un pas qualitatif devrait être fait.
L'Acte constitutif de l'Union a non seulement une "préséance" sur la charte de l'OUA qu'il remplace, mais aussi, sur le traité d'Abuja instituant la Communauté économique africaine ou tout autre texte de même envergure à l'échelle continentale.
Le secrétariat général de l'OUA que dirige M.
Salim Ahmed Salim, va basculer dans un premier temps en "Secrétariat intérimaire" de l'Union.
Il se transformera ensuite en "Commission" de l'Union africaine dirigée par un "Président" assisté de "Vice- Présidents", de "Commissaires" et d'éléments d'une nouvelle fonction publique panafricaine.
Si "la Conférence" des chefs d'Etat et de gouvernement, organe suprême de décision ne change pour l'essentiel, ni de nature, ni d'attribution, le conseil des ministres des Affaires étrangères va se transformer en "Conseil exécutif".
Il s'agit en fait, d'une sorte de gouvernement continental, qui se réunira au minimum deux fois par an.
Il sera assisté des "Comités techniques spécialisés" constitués d'autres ministres ou hauts fonctionnaires, du "Comité des représentants permanents" un organe consultatif où siégeront tous les ambassadeurs africains accrédités à "Addis Abéba, siège de l'Union".
Par ailleurs, six nouvelles institutions vont parachever la charpente de l'Union africaine.
Il s'agit d'abord du "Parlement" panafricain et du "Conseil" économique et social ; deux institutions destinées à impliquer les populations et les différentes couches socioprofessionnelles dans la vie de l'Union.
Il s'agit ensuite de "la Cour" de justice, pour les besoins d'arbitrage et de trois institutions financières que sont la "La Banque centrale africaine", "Le Fonds monétaire africain" et "La Banque africaine d'investissement".
La mise en place de ces dernières institutions financières qui "ne font pas toutes l'unanimité ", selon le Président Abdoulaye Wade du Sénégal, pourrait cependant prendre plus d'une année, en raison notamment des problèmes techniques qu'ils soulèvent et qui ne relèvent pas de la seule volonté politique.
Pour les besoins de ces organes et institutions, la PANA a appris que les douze prochains mois seront mis à profit, afin d'élaborer des projets de protocoles additifs à l'Acte constitutif de l'Union, de règlements intérieurs, des projets de budgets, de programmes, ou des recommandations prioritaires.
On rappelle que ces modalités pratiques de transformation de l'OUA en une Union africaine seront au centre des travaux du prochain sommet prévu en juillet prochain à Lusaka, en Zambie.
Cette mutation institutionnelle à l'échelle du continent a pour finalité, rappelle-t-on, de "renforcer l'unité et la solidarité africaines" en imaginant de nouvelles voies susceptibles d'accélérer le long et trop lent processus d'intégration économique et politique du continent.

20 avril 2001 10:12:00




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