Appel pour une solution durable à la rupture des antirétroviraux au Congo

Brazzaville, Congo (PANA) - Les malades sous antirétroviraux (AVR), en rupture depuis quatre à cinq mois, appellent à l’assistance du chef de l’Etat, initiateur de la gratuité du traitement antirétroviral au Congo, pour qu’une solution durable soit trouvée en vue de soulager les malades, a appris mardi la PANA auprès de la Fédération congolaise des droits de l’Homme.

Les malades sous AVR vivent le préjudice de nouvelles ruptures de médicaments dans les différents centres de Santé au Congo et de traitement spécialisé. Les différentes combinaisons thérapeutiques, selon les charges virales, ne sont plus respectées en raison de l’absence de certaines molécules. Les cris d’alarme lancés par les ONG n’ont pas suffi à toucher les autorités compétentes pour des solutions idoines.

Bien qu’une infinie commande des AVR ait été rendue disponible, il y a quelques jours, plusieurs centres manquent de médicaments et certains patients révèlent une thérapie non adéquate à la charge virale.

"Le stock montré à la télévision nationale ne peut pas dépasser en réalité dix jours de traitement. La quantité n’a pas été dévoilée. Ces produits sont, en effet, déjà consommés avant d’être distribués dans tous le pays, puisque les malades ont attendu des semaines sans traitement", a déploré un malade au Centre de transfusion ambulatoire (CTA) du CHU de Brazzaville.

"La commande arrive pendant que nous sommes en rupture. Pendant qu’on distribue, nous sommes toujours en rupture. Il faut au moins six mois de médicaments en stock de toutes les combinaisons thérapeutiques disponibles pour prétendre à une situation stable et trois mois de commandes prévisionnelles. Ce n’est pas avec 100 millions de FCFA, comme nous l’avions entendu pour cette commande, mais cela correspond à environ 01 milliard de FCFA", a indiqué Thierry Maba, PVVIH et acteur de lutte contre le SIDA.

Les ruptures des AVR baissent la note de la lutte contre le SIDA au Congo. Alors qu’environ 30.000 personnes attendent un traitement, plusieurs d’entre elles subissent le revers d’une administration à revisiter. Ces ruptures ont occasionné des résistances chez certains patients qui passent d’une ligne thérapeutique plus forte avec la conséquence de voir être réduits des jours de vie.

En effet, les ruptures des médicaments ont aussi créé des marchés parallèles de vente des AVR. Il y a quelques jours, des malades ont affirmé avoir acheté des combinaisons thérapeutiques auprès de commerçants non-identifiés.

De sources proches de système des Nations unies, une enquête à ce sujet serait ouverte par le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose afin de déceler la situation qui risque de complexifier la lutte contre la maladie dont le Congo s’est pourtant fait pionnier sur plusieurs fronts.
-0- PANA MB/JSG/IBA 08nov2016

08 novembre 2016 11:27:39




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