Appel à plus de vigilance face à la progression d’Ebola dans le voisinage du Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Le ministre de la Santé publique et de la lutte contre le VIH/SIDA, Dr Thaddée Ndikumana, a appelé la population lundi à plus de vigilance face aux menaces du virus hémorragique d’Ebola qui n’est plus qu’à 400 kilomètres des frontières du Burundi avec la République démocratique du Congo (RDC).

Depuis le 1er août, la RD Congo fait face à la dixième flambée d’Ebola, cette fois dans le Nord Kivu, qui a déjà enregistré 33 décès parmi les consommateurs de gibier, considéré comme un vecteur potentiel de la maladie, selon certaines hypothèses incriminant tantôt le singe, tantôt la chauve-souris.

La précédente flambée du virus venait à peine d’être déclarée vaincue dans la province de l’Equateur, située à plus de 2.000 kilomètres des frontières avec le Burundi, selon la même source.

Aucun cas d'Ebola n’a encore été détecté au Burundi et les efforts du pays sont pour le moment concentrés sur la prévention, assure-t-on du côté du ministère de la Santé publique.

La psychose contre la maladie n’a toutefois cessé de grandir au Burundi, un pays qui partage plus de 230 km de frontières parfois poreuses avec la RD Congo et d’intenses échanges de personnes et de biens au quotidien.

Les échanges entre les deux pays sont surtout intenses via le lac Tanganyika qui borde Bujumbura, la capitale politique et économique du Burundi.

Ce réservoir de la plus riche flore et faune des Grands Lacs africains côtoie encore la République centrafricaine, la République du Congo, l'Angola, le Rwanda, le Soudan du Sud, la Tanzanie, la Zambie et l'Ouganda.

Au Burundi, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) et la Banque mondiale (BM) collaborent, techniquement et financièrement, à la prévention contre le virus d’Ebola avec un budget de deux millions de dollars américains.

Cette collaboration a déjà permis d’équiper les structures nationales de prévention en thermo flashes de prise de température aux points d'entrée.

Une équipe d’experts internationaux est également à pied d’œuvre pour renforcer la riposte à une éventuelle épidémie de la maladie à virus Ebola au Burundi.

D’autres équipes médicales du pays sont en alerte permanente au niveau des onze postes frontaliers qui séparent le Burundi de la RDC.

Les appuis techniques et financiers ont encore permis d’équiper et de spécialiser des laboratoires nationaux pour détecter le virus.

Un site de mise en quarantaine de cas suspects a été par ailleurs ouvert à Rukaramu, dans les environs immédiats de l’aéroport international de Bujumbura.

L’OMS classe le virus Ebola parmi les agents infectieux les plus contagieux et les plus mortels au monde, de surcroît sans aucun vaccin ni traitement homologués à ce jour, hormis des traitements expérimentaux.

Les premiers symptômes du virus sont une brusque montée de fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête, de la toux, un mal de gorge, des douleurs abdominales, des diarrhées et des vomissements. Le décès survient généralement entre six et 16 jours après l'apparition des premiers symptômes, selon toujours l’OMS.

Quant aux modes de contamination, le virus se transmet par contact direct avec les liquides organiques, notamment le sang, le sperme, la salive, les vomissures ou encore les selles.

En l’absence de traitement approprié, la prise en charge d'un patient infecté consiste à traiter les symptômes pour empêcher l'aggravation de la maladie.
-0- PANA FB/BEH/SOC 06août2018


06 août 2018 18:09:27




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