Amnesty International ne veut pas d’individus soupçonnés de crimes contre l’humanité dans le prochain gouvernement centrafricain

Dakar, Sénégal (PANA) - L’organisation de défense des droits humains, Amnesty International a invité, jeudi à Dakar, la présidente de transition en Centrafrique, Catherine Samba Panza à ne donner aucun poste aux présumés auteurs d’exactions contre les civils dans le gouvernement en préparation.

«Nous souhaitons que les individus soupçonnés de crimes de guerre, de crime contre l’humanité et de violations graves contre les droits humains soient poursuivis en justice et nous ne voulons surtout pas qu’ils soient inclus dans le gouvernement centrafricain», a déclaré le chargé de Campagne pour l’Afrique du Centre au bureau régional Afrique de l’Ouest et du Centre d’Amnesty International, Jean Eric Nkurikiye.

Il a fait cette annonce lors de la publication d’un rapport produit par l’organisation sur les atrocités en cours en République centrafricaine depuis mars 2013 que Michel Djotodia a pris le pouvoir par la force à Bangui.

M. Nkurikiye informe que la présidente de transition, Mme Samba Panza prépare un remaniement du gouvernement et qu’il faut que les autorités à la tête du pays manifestent leur volonté à mettre fin à l’impunité en s’assurant  que les personnes soupçonnées ne fassent pas partie du prochain Exécutif.

Dans son rapport intitulé: « République centrafricaine: il est temps de rendre compte », Amnesty International a dénoncé l’impunité dont profite les chefs des groupes armés, actifs dans le pays. Selon les conclusions de cette enquête, si les atrocités et exactions se poursuivent contre les populations civiles centrafricaines, c’est parce que les responsables de ces actes ne sont pas inquiétés.

Amnesty International pointe la responsabilité des anciens présidents François Bozizé et Michel Djotodia qui ont « un rôle de responsabilité » dans les exactions actuellement en cours dans le pays, selon le chargé de Campagne pour l’Afrique du Centre d’Amnesty International. « Ils sont, notamment aussi sous sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies pour avoir assisté à des actes qui étaient contre la paix en République centrafricaine», a-t-il ajouté.

Le rapport met également en cause le coordonnateur de la milice des Anti-Balaka, Levy Yakété  et Nourredine Adam, l’un des commandants du groupe armé Séléka.

« Les auteurs des attaques menées en République centrafricaine agissent généralement à visage découvert et sans témoigner aucune crainte d’éventuelles sanctions. Dans certains cas, ils sont bien connus de leurs victimes et des autorités», lit-on dans le document. En tout, 20 personnes des deux camps rivaux sont épinglées par le rapport dont l’ancien rebelle tchadien, Baba Laddé.
-0- PANA KARL/IS/IBA 10juil2014

10 juillet 2014 19:15:44




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