Amnesty international demande aux autorités ougandaises de cesser les menaces à l'encontre des journalistes locaux

Nairobi, Kenya (PANA) - Les autorités ougandaises doivent cesser de menacer les organes de presse pour avoir simplement fait leur travail, a déclaré Amnesty international, au lendemain des promesses faites par l'organe en charge de la régulation des médias dans le pays, de fermer les maisons de presse qui diffusent en direct les débats à l'Assemblée nationale.

Les menaces, d'après l'agence en charge de la défense des droits de l'homme, surviennent au lendemain des échauffourées entre les parlementaires au niveau du parlement ougandais qui avaient été retransmises en direct par les organes de presse locaux.

"C'est inacceptable de voir l'organe en charge de la régulation des médias en Ouganda, proférer des menaces de fermeture des maisons de presse pour avoir fait leur travail de retransmission en direct des débats au niveau de l'Assemblée ougandaise et les dernières actualités qui y émanent", a déclaré Michelle Kagari, la directrice régionale-adjointe de Amnesty international pour l'Afrique de l'Est, la Corne de l'Afrique et les Grands Lacs.

"Les Ougandais ont le droit de savoir ce que font leurs représentants élus, un droit que doivent faciliter les autorités ougandaises au lieu de le bafouer", a-t-elle ajouté.

"Ces menaces, harcèlements et intimidations sont une tentative visant à museler la presse, et n'ont aucune place dans toute société respectant les droits humains. Les médias doivent être épargnés et indépendante dans leurs professions d'éduquer et d'informer le public, y compris les débats en cours à l'Assemblée sur la proposition d'amendement constitutionnel", a ajouté Mme Kigari.

Pour rappel, dans un communiqué largement partagé sur les réseaux sociaux, la Commission ougandaise de communication menace de révoquer et de suspendre les licences des maisons de presse qui retransmettent en direct les débats à l'Assemblée nationale, les accusant au passage, de promouvoir la culture de la violence.

La directrice régionale-adjointe de Amnesty en Afrique de l'Est, Michelle Kagari, a, par ailleurs, demandé aux autorités ougandaises de respecter leurs engagements et obligations de soutenir la liberté d'expression, en facilitant les débats entre les Ougandais sur la proposition de l'amendement constitutionnel.

"La liberté d'expression ne doit pas être sacrifiée à l'autel des politiques", a indiqué Michelle Kagari.

"Elles (les autorités) doivent également arrêter les arrestations arbitraires des opposants politiques et de leurs partisans, des journalistes et des défenseurs de droits de l'homme", a lancé Mme Kagari.

Les députés du parti au pouvoir, signale-t-on, veulent supprimer la limite d'âge fixée à 75 ans par la constitution pour permettre au président ougandais, Yoweri Museveni, qui a dirigé le pays pendant 31 ans, de se présenter pour sa ré-élection en 2021.
-0- PANA DJ/VAO/BAD/BEH/SOC 27sept2017



27 septembre 2017 17:19:40




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